Au sujet du Bouddhisme

Un essai offert par Reema Singhal

Au sujet du Bouddhisme

 

Le Bouddhisme:

Dans la marche, contentez-vous de marcher. Dans l’assise, contentez-vous de vous assoir. Par-dessus tout, ne vacillez pas.

Le Bouddhisme est un voyage consciemment dirigé sur le sentier vers une élévation au-delà de la souffrance. Celui qui le réalisa est appelé le Bouddha -– signifiant ‘l’éveillé’. Il ne fixe pas le sentier. Il suggère comment effectuer le voyage, quoi rechercher, et assure que le voyage en fait est dur et exigeant.

Le Bouddhisme n’est pas une doctrine à laquelle l’on se convertit comme à un système de croyance et que l’on suit sans se poser de questions. C’est une vérité qui doit être réalisée par un individu de sa façon propre et non par le biais d’une méthode prescrite et au nom de laquelle «  l’on jure  ». Aucune règle, le cas échéant, n’est destinée à assister les personnes à s’efforcer avec sincérité sur le sentier du Bouddhisme et à l’atteindre.

Il n’existe pas de texte approuvé par Gautama Bouddha qui fixe ce que le Bouddhisme signifie, ce qu’il devrait signifier, et quelle est la voie définitive pour devenir un Bouddha. Toute connaissance en lien avec ceci nous vient de l’information objective (évidemment difficile à obtenir) au sujet de la vie de Gautama Buddha et de ses recommandations au peuple qui exprimait un désir d’obtenir la connaissance qu’il avait réalisé.

‘Notre vie est façonnée par notre esprit; nous devenons ce que nous pensons.’  Dhammapada

Ce qui rend le Bouddhisme intéressant et différent de la plupart des autres « corps consolidés de croyance et de foi », et religions, réside dans le fait que le sentier fut découvert par un homme aussi ordinaire que chacun d’entre nous. Il n’y a rien de divin le concernant – il devint divin de par ses actions et le Bouddhisme affirme qu’il est possible pour chacun d’entre nous de réaliser cette divinité. Gautama Bouddha fut un homme qui décida un jour de chercher sérieusement une réponse aux questions qui l’intriguaient profondément. La question principale dont Gautama Bouddha cherchait la réponse était la cause et la cessation de la souffrance humaine. Il voyait en elle une partie de chaque existence. Chaque être souffrait d’une manière ou d’une autre, et pour une raison ou une autre. Gautama Bouddha était profondément ébranlé de contempler la misère remplissant la vie humaine et il voulait comprendre les raisons de la subjectivité humaine à son sujet et comment briser tout cela.

Il essaya de trouver ses propres réponses en essayant diverses méthodes de ce qu’il pensait être la voie qui le conduirait à elles. Il devint un élève de célèbres sages de son temps, maîtrisa différentes formes de méditation, et essaya des pratiques d’abjuration de soi. Il essaya de contrôler sa respiration, retenant son souffle après l’avoir inhalé jusqu’à ce qu’il ressente l’air comme s’il ferait exploser sa tête, suivi de réduction de diète jusqu’au strict minimum, ce qui rendit son corps extrêmement faible. Quand toutes ces tentatives ne produisirent rien d’autre qu’un stress extrême pour sa santé, il réalisa que d’attaquer son propre corps était vain pour obtenir la connaissance de la vie et du monde ici et dans l’au-delà. Il réalisa que ce sentier de connaissance n’avait pas besoin d’être lugubre et sans joie. Ainsi, il mit fin à la pratique de ces méthodes.

Ensuite il fit ce qu’il avait fait une fois et incidemment quelques années auparavant en tant qu’adolescent un soir dans les champs de cultures du royaume de son père – une simple méditation solitaire et paisible — une plongée confortable semblable à la plume sondant les profondeurs de l’esprit. Gautama Bouddha essaya de ré-explorer cet état de méditation après que toutes les méthodes traditionnelles conduisirent à un échec. Et ceci s’avéra être la chose juste à faire. Il ré-expérimenta avec succès le contentement et la tranquillité, atteignant les profondeurs de sa conscience. Ainsi, méditant un temps assez long, il dirigea consciemment son esprit vers les questions qu’il était sur le point de comprendre.

Finalement il en obtint les réponses. Il réussit à réaliser qu’il existe un cycle de souffrance et qu’il en existe des causes. Par la réalisation des facteurs principaux qui caractérisaient toute la vie humaine et ayant découvert une voie pour les maîtriser, il expérimenta une délivrance évidente du monceau de souffrances dont les tentacules opprimaient la vie humaine. Il ne pouvait plus être leur esclave. Il comprenait désormais bien que dépasser le piège de la souffrance réside dans la capacité qui procure à chacun le sentiment exalté expérimenté quand l’on s’affranchit des influences des désirs sensoriels, quand l’on parvient à une annihilation complète du sens de l’ego, à la cessation de la conscience de soi, et une liberté de l’âme. Comme il devint le Bouddha, il partagea ceci avec d’autres chercheurs et naquit alors le Bouddhisme et ses fidèles, nous devrions plutôt dire ses chercheurs. L’on n’est pas un fidèle du Bouddhisme mais un de ses chercheurs.

Les quatre vérités que Gautama Bouddha a édictées sont comme suit: La souffrance est universelle; elle est causée par le désir. La souffrance peut être déracinée si le désir est déraciné. Cela peut être accompli en suivant le fameux Sentier Octuple qui comprend: La vision juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, les moyens d’existence justes, l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste.

Cela englobe l’intellectuel, le moral et le contemplatif, aidant ainsi les êtres à mener une bonne vie holistique.

La vie de Gautama Bouddha est à la fois un exemple et le message du Bouddhisme. La conscience avec laquelle Gautama Bouddha obtint des réponses à ses questions, inspira d’autres à s’engager sur la voie, était un acte bien dirigé et cette autonomie consistant à choisir le sentier menant à notre destination choisie est importante dans le Bouddhisme. C’est notre propre acte conscient, nos propres intentions conscientes et nos propres actions conscientes qui nous emmènent là où nous voulons aller. Ce sens démocratique pénètre aussi notre opinion au sujet du ‘karma’ (expliquée plus tard comme partie de la ‘coproduction conditionnée’) – qui est incidemment Upanishadique par nature. C’est l’individu qui choisit ses actions et sa vie.

Le Bouddhisme est un sentier de connaissance et de vie avec la connaissance selon laquelle la vie n’existe pas sans la souffrance et que nous devons nous élever au-dessus d’elle et en être vainqueur. L’on doit briser les chaînes de ce cycle de désirs, de tentations, d’impermanence, de déceptions, car ils conduisent tous à la souffrance. C’est aussi simple que difficile à réaliser. Le Bouddhisme requiert une réalisation attentive et active de tout ceci. Il ne reconnaît pas les expériences de seconde main.

Les chants de prières ne peuvent nous y conduire, ni la mortification rituelle de soi ni les méditations qui provoquent des états de transe passive. Vous devez suivre la voie par vous-mêmes. Et dans ce sens même et en permettant à chaque être humain de penser par lui-même pour définir et façonner sa propre vie, le Bouddhisme est accessible à chacun qui le veut vraiment et ainsi il est très démocratique par nature.

Certains proclament que Gautama Bouddha a proscrit le sexe parmi ses adeptes, ce que je trouve difficile à croire car par la folie évidente et le caractère non pragmatique de son abandon, et aussi cela s’avérait vrai, j’ai bien peur que cela ferait du Bouddhisme quelque chose de pas aussi démocratique que le Bouddha voulait qu’il fut, et cela ne serait pas non plus en harmonie avec le soutien que Gautama Bouddha a manifesté vis-à-vis du fait de ‘vivre avec la vérité’.

vacuité, rien n’est saint:

Le Bouddhisme ne voit pas les êtres humains comme des êtres préformés, non sujets au changement, ou absolus objectifs. Il voit les êtres humains comme des développements constants liés à leur propre karma, habitudes, mémoires et expériences. Un individu se meut toujours, tout comme le cosmos entier. Toutes les choses se meuvent dans un voyage perpétuel, une roue qui tourne sur elle-même et aucun grand Être ne les fait se mouvoir selon un plan prédéterminé. Il n’existe aucun être divin qui nous observe depuis les cieux. C’est juste nous et nos actions, et les causes de ces actions qui conduisent à des actions ultérieures – toute chose est un résultat de circonstances.

Nous n’avons pas besoin de Dieu pour obtenir le salut, la paix et le bonheur. Nous pouvons et devons les réaliser par nous-mêmes. C’est une des vérités cardinales centrales dans le Bouddhisme est c’est populairement appelé la ‘coproduction conditionnée’ (‘pratityasamutpada’): tous les phénomènes sont constamment reliés dans un tissu interdépendant de causes et d’effets. Cette interdépendance est aussi décrite dans l’explication de Gautama Bouddha au sujet des causes et de la victoire sur la souffrance, et des actions qui peuvent être entreprises pour réaliser le Nirvana. Dans le même sens, le concept de ‘shunyata’ du Bouddhisme résulte de la coproduction conditionnée, dans laquelle le sens de chaque chose dépend d’autres choses aussi bien qui l’ont fait apparaître ou qui ont surgi d’elle.

Le Bouddhisme traite de l’éveil spirituel et de la moralité de l’être humain. L’on doit le reconnaître de notre propre chef et pratiquer des actions positives afin de nous affermir aux fins de nous élever au-dessus de toute victimisation liée au piège des désirs sensoriels.

Le Bouddhisme doit être expérimenté, non être appris à partir du moindre texte. Gautama Bouddha ne désira jamais qu’il fut canonisé. Ainsi, il n’autorisa jamais la moindre tentative de coucher par écrit ses enseignements ou sa vie parce qu’il voulait que son expérience (et le même sentier pour n’importe qui) demeure démocratique, non-surnaturelle, très humaine, et aucunement divine. Cette liberté vis-à-vis des contraintes des règles et des systèmes constitue un des piliers du Bouddhisme.

 

Nirvana:

Cela signifie littéralement ‘soufflant’. Dans le Bouddhisme cela signifie ‘soufflant le soi-ego’.

Nous disons que Gautama Bouddha a expliqué le concept d’un soi-ego non-existant de la manière suivante: Le ‘Je’ est dans un flux de changements continuels, une conséquence de changement des ‘skandha’ qui façonnent notre constitution psycho-physique – formes, sensations, perceptions, intentions et conscience. Leur corrélation change tout le temps, et aucune d’entre elles ne constitue par elle-même un soi ultime et absolu. Il s’ensuit que le ‘Je’ est éphémère et impénétrable. On s’y réfère aussi comme étant ‘shunyata’ où chaque chose est vide en elle-même, et dénuée d’identité ou d’existence indépendante. Et c’est cela même le Bouddhisme. Chaque méditation, chaque effort tend vers ceci.

Une personne parvient au-delà de l’existence et la non-existence après avoir réalisé le Nirvana. Le Dhammapada explique à ce sujet:

« Il a terminé son voyage, il est allé au-delà de la souffrance. Les entraves de la vie sont tombées en désuétude chez lui, et il vit avec une liberté complète.’ Au sujet du Nirvana, on dit que Gautama Buddha a affirmé que c’est, ‘le non-né, le sans-âge, le non-souffrant, le sans-mort, le sans-souffrance, la cessation suprême non-souillée de la servitude. »

Observations – Le Bouddhisme est très réaliste car il refuse de se soucier de l’invisible, du divin (ce qui pourrait être /ce qui ne pourrait pas être), et il traite seulement de la vie humaine. Il est vraiment ‘personnel’ par nature — Le Bouddhisme ne fait pas appel à la moindre forme extérieure de rituel à accomplir, et ceci permet de préserver son essence. Par sa coproduction conditionnée, il suggère que le bien conduit au bien, encourageant ainsi des actions responsables et exprimant de bonnes intentions. En encourageant tout être humain à contrôler sa vie, il est véritablement donneur d’autonomie et il pose très efficacement les bases pour permettre à l’esprit humain de fleurir et de s’exercer lui-même.

 

 

 

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