Clinging

Taṇhāpaccayā upādānaṃ (identique en Pāli et Skt.) ‟dépendant de l’envie impérieuse l’adhérence apparaît.” C’est l’état mental qui adhère ou se saisit de l’objet de la même manière qu’un morceau de viande crue se colle à une casserole. En raison de cette adhérence, qui est décrite comme une envie impérieuse à un degré élevé, l’homme devient esclave de ses passions, et tombe dans le filet qu’il a lui-même créé par sa passion pour les plaisirs, semblable à la chenille qui tourne sur elle même dans l’enchevêtrement dans lequel elle vit.

L’adhérence (upādāna) ou l’attachement est de quatre sortes :

                    i.            Attachement aux plaisirs des sens (kāmaupādāna);

                  ii.            Attachement aux vues erronées et mauvaises (diṭṭhiupādāna);

                iii.            Attachement aux simples observances rituelles extérieures; (sīlabbataupādāna)

                iv.            Attachement au soi, ou à une entité-âme qui perdure (attavādaupādāna).

En résumé, par upādāna, l’adhérence aux désirs sensoriels est interprétée pour inclure toutes les formes d’existence, et l’adhérence aux vues (kāma-upādāna et diṭṭhi-upādāna) qu’elles impliquent; la troisième et la quatrième (sīlabbata and attavāda) étant incluses dans le diṭṭhi-upādāna, les vues erronées.

Kāma signifie ici, à la fois l’envie impérieuse et les objets de cette envie (kilesa kāma et vatthukāma) et quand cette envie impérieuse de tels objets désirés s’intensifie, elle est connue comme ‟kāma-upādāna” ou adhérence (à l’objet de perception sensorielle). L’homme cultive des pensées d’envie impérieuse, et en proportion au fait qu’il faille les ignorer, elles grandissent jusqu’à ce qu’elles atteignent le stade d’adhérence tenace.

Toutes les vues erronées (diṭṭhi) qui prévalaient au temps du Bouddha pouvaient être incluses dans le Nihilisme (ucchedadiṭṭhi) et l’Eternalisme (sassatadiṭṭhi). Pour certains, les intellectuels en particulier, à des époques diverses, l’abandon d’une vue qu’ils ont chérie, est plus difficile que de renoncer aux objets des sens. De toutes les vues erronées, l’adhérence à la croyance en l’existence d’une âme ou d’un soi ou bien une ‟entité-ego” (attavādaupādāna) est la plus forte, la principale et la plus pernicieuse.

Ce n’était pas sans bonne raison que le Bouddha rejeta la notion de soi ou d’âme (attā). Dans ce flux d’esprit et de corps qui subit le changement sans demeurer le même pendant deux instants successifs, le Bouddha ne contempla point une âme indestructible et perdurant. En d’autres termes, il ne trouva aucune âme perdurant dans cette ‟créature” en changements perpétuels. L’Illuminé, par conséquent, nia de façon emphatique un ‟attā”, que ce soit dans les cinq agrégats (matériel, de la forme, des sensations, de la perception, des formations volitionnelles, de la conscience) ou extérieur à ces cinq agrégats. Tout ceci, dit-il, est vide d’un attā ou quoi que ce soit ayant la nature de attā (suññaṃ idaṃ attena vā attaniyena vā). Si cette notion erronée est évacuée, toutes les vues pernicieuses et fausses existantes cessent automatiquement.