Le Bouddha est le plus grand des psychiatres

Les docteurs sont de deux types-ceux qui traitent le corps, et ceux qui traitent l’esprit. Les maladies, aussi, sont de deux sortes- maladies du corps et maladies mentales. Le Bouddha a ainsi déclaré:

« Ô moines, les maladies sont de deux sortes; il y a ceux qui vivent un an, deux ans, trois ans, quatre ans, cinq ans, dix, vingt ans, trente, quarante ans, cinquante ans et, dans quelques exemples, même cent ans, sans être affectés par des maladies physiques. Mais il est difficile de trouver ceux qui sont exemptes de maladies mentales, même pour un instant. La seule exception est celle des Arahants (les Saints).

 

Dissanti bhikkhave sattâ kâyikena rogena ekampi vassam arogyam patijânamânâ , dvepi vassasâni ârogyam patijânamânâ… vassa satampi ârogyam patijânamânâ- te bhikkhave sattâ dullabhâ lokasmim ye cetasikena rogena muhuttampi ârogyam patijânâti, annatva khinâsaveti.

(Anguttara Nikaya – Chatukka nipata – roga sutta)

 

Des deux types de docteurs auxquels il est fait référence ci-dessus, le Bouddha est un psychiatre – un docteur du mental. Il n’y a jamais eu un docteur aussi illustre que le Bouddha, pour guérir la maladie mentale. Le Bouddha, qui a éradiqué toutes les maladies mentales dans son esprit, a ensuite guéri des centaines de milliers de personnes qui souffraient du même type de maladie mentale.

 

Le Bouddha a vu tous les êtres du plan mondain aussi fous les uns que les autres. (Ummattakâ viyahi sabbe putujjanâ dissanti.). Beaucoup d’entre eux, quoique bien portant physiquement, sont malades mentalement. Le Bouddha a reconnu de façon tout à fait claire ces défauts dans le mental humain, en a diagnostiqué les causes avec efficacité, et a administré les thérapies. Cela explique pourquoi il a dit au Brahmane Sela:

« Ô Brahmane, je suis celui qui a atteint l’éveil suprême. Et je suis le plus grand des chirurgiens. »

(« Soham Brâhmana Sambuddho, sallakatho anuttaro. »)

 

La chirurgie du Bouddha consiste à retirer les stakes??? enjeux??? et les pointes qui sont présents dans les esprits des hommes. A une autre occasion, il s’adressa aux Bhikkhus de cette manière:

« Ô Moines, les médecins administrent des laxatifs pour guérir les maladies qui sont apparues en raison de la bile, du flegme, et en raison du vent (canaux internes au corps humain). Ô Moines, moi aussi j’administre des médicaments nobles. Grâce à ce médicament, les êtres qui ont pris naissance se libèrent de la naissance. Les êtres qui sont voués au déclin et à la vieillesse se libèrent du déclin et de la vieillesse. Ils se libèrent de la mort. Ces êtres qui sont en proie aux afflictions, aux larmes, à la lamentation, aux privations et au malheur, se libèrent de toutes ces choses.

(Anguttara Nikâya-Dasama Nipâta Sanna Vagga).

 

« Ô Moines, les docteurs administrent des émétiques pour cause de maladies causées par la bile, le flegme et le vent, et cela fait vomir les patients. Moines, j’administre aussi des émétiques aryens (nobles). Pour cette raison, les êtres qui souffrent de la naissance, du déclin, de la vieillesse, de la mort, des lamentations, de la souffrance, du malheur et des larmes se libèrent de toutes ces choses. »

 

« Tikicchakâ bhikkhave vamanam denti pitta semha samutthanampi âbâdhânam patighâtâya. Aham ceva kho bhikkhave Ariyam vamane dessâmi. »

(Anguttara Nikâya- Dasama Nipâta-Sanna Vagga)

 

Plus tôt, il a été souligné que le Bouddha était présenté comme un chirurgien qui retirait des stakes ???? enjeux et des pointes des esprits des hommes. Il a aussi été dit qu’il guérissait des maladies telles que la naissance, le déclin, la vieillesse, la mort, la souffrance, les lamentations, le malheur par des laxatifs et des émétiques.

 

De plus, en autre lieu, le Bouddha s’est adressé à un Brahmane de cette façon: « Je suis un chirurgien expert héritier du dernier corps, avec des mains lavées en permanence, prêt à exposer la doctrine en réponse aux requêtes de prêcher le Dhamma- un chirurgien extrayant les pics des racines des désirs sensoriels.

Ahamsmi bhikkhave Brâhmano yâca yogo sadâ payata pâni antima dehadharo bhisakko sallakattâ.

« Ô Moines, je suis toujours prêt avec des mains tendues à exposer la doctrine quand bien même une requête est formulée. Je suis héritier du dernier corps. Je suis un grand médecin car je traite les maladies décrites comme des maladies du cycle de l’existence.

Je suis aussi un grand chirurgien car j’extrais des stakes ??? et pics tels que les désirs sensoriels, la colère et l’ignorance. Comme je suis débarrassé des fautes, je suis aussi un Brahmane.

Ô Moines, vous êtes nés de mes paroles, c’est-à-dire de ma bouche. Vous êtes nés du Dhamma, vous êtes façonnés par le Dhamma, vous êtes ceux qui reçoivent le Dhamma, votre consistance physique est le Dhamma. Vous êtes des fils bien nés de moi. »

 

D’après la déclaration ci-dessus, il est clair que de la même manière que les Brahmanes sont nés de la bouche du Mahâ Brahma, les Bhikkhus sont nés du Dhamma- la bouche du Bouddha.

 

Il expose aussi clairement le fait que lui, le Bouddha, est un grand médecin parce qu’il guérit la maladie des imperfections, et que le plus grand héritage que les Bhikkhus ont n’est pas les rites matériels, mais le don du Dhamma.

 

Dans le Sallekha  Sutta, le Bouddha fait référence à quarante-quatre des nombreuses  maladies qui affligent l’esprit humain. Les quarante-quatre mentionnées ci-dessous sont ces quarante-quatre maladies mentales, et les remèdes de ces quarante-quatre maladies sont décrits.

 

  • Torturer et blesser les autres 1. Ne pas torturer et blesser les autres
  • Tuer les êtres 2. Ne pas tuer les êtres
  • Prendre des choses qui appartiennent à autrui 3. Ne pas Prendre des choses qui appartiennent à autrui
  • Mauvaise conduite sexuelle 4. Ne pas avoir de mauvaise conduite sexuelle
  • Prononcer des paroles fausses 5. Dire la vérité
  • Raconter des histoires 6. Ne pas raconter des histoires
  • Faire usage de discours dur 7. Ne pas faire usage de discours dur
  • Prononcer des paroles futiles 8. Ne pas prononcer des paroles futiles
  • L’amour des choses qui appartiennent à autrui 9. Ne pas désirer des choses qui appartiennent à autrui
  • Esprits corrompus 10. Ne pas avoir d’esprit corrompu
  • Visions fausses. 11. Visions correctes
  • Pensées mauvaises et erronées 12. Pensées vertueuses et droites
  • Prononcer des paroles erronées 13. Prononcer des paroles bonnes
  • Activités erronées 14. Activités justes
  • Moyens d’existence erronés 15. Moyens d’existence justes
  • Effort erroné 16. Effort juste
  • Attention erronée 17. Attention juste
  • Concentration erronée 18. Concentration juste
  • Agir de façon mauvaise et affirmer que c’est correct
  1. Sagesse juste
  • Libération illusoire 20. Libération juste
  • Être opprimé par la paresse 21. Paresse éradiquée
  • Orgueil 22. Humilité
  • Doute 23. Absence de doutes
  • Caractère irascible 24. Ne pas se mettre en colère
  • Haine implacable 25. Être dénué de haine implacable
  • Hypocrisie 26. Ne pas être hypocrite
  • Dualité de l’esprit 27. Absence de dualité de l’esprit
  • Jalousie 28. Manque de jalousie
  • Misère 29. Absence de misère
  • Tromperie 30. Ne pas commettre de tromperie
  • Avoir des prétentions 31. Ne pas avoir de prétentions
  • Entêtement 32. Absence d’entêtement
  • Égoïsme 33. Absence d’égoïsme
  • Désobéissance 34. Obéissance
  • Avoir des amis malfaisants 35. Avoir des amis bienfaisants
  • Réticences 36. Diligence
  • Manque de dévotion 37. Être animé de dévotion
  • Absence de sentiment de honte (morale) 38. Sentiment de honte (morale)
  • Absence de peur de commettre des fautes 39. Avoir peur de commettre des fautes
  • Manque de connaissance 40. Acquisition de la connaissance
  • Léthargie 41. Effort
  • Manque d’esprit alerte 42. Avoir un esprit alerte
  • Stupidité 43. Être rempli de sagesse
  • S’attacher à ses vues de l’esprit                   44. Ne pas s’attacher à ses vues de l’esprit

 

 

Ces quarante-quatre formes de maladies, ou imperfections, sont de nature mentale. Il existe des faiblesses qui se manifestent car les gens deviennent esclaves de leur propre esprit. Elles se manifestent car ils n’ont pas été capables de contrôler et de contenir  leur esprit. Le meilleur médicament pour chacune de ces maladies mentales est le Bouddhisme. Le médecin qui découvrit ces thérapies est le Bouddha.

« Ô grand Roi, il existe de nombreux médicaments découverts par le Bouddha. Il les administre pour guérir les maladies à la fois des dieux et des hommes. Ce sont les médicaments suivants:-

 

  1. a) Les quatre fondements de l’attention

(Cattâro Satipatthâna);

  1. b) Les quatre efforts justes (Cattaro Sammappadhâna);
  2. c) Les quatre sentiers du Pouvoir (Iddhi-pâda);
  3. d) Les cinq organes (Pancindriya);
  4. e) Les cinq pouvoirs (panca bala);
  5. f) Les sept facteurs de l’éveil (Satta Bojjhanga)
  6. g) Le Noble Sentier Octuple (Ariyatthingika Magga).

 

Avec ces formes de médicaments le Bouddha débusque les vues et concepts erronés, et administre des émétiques pour toutes les imperfections.

Osadhâni, Mahârâja, Bhagavatâ akkhâtâni yehi osadhehi so Bhagavâ deva manusse tikicchati. Seyyathidam cattâro satipatthânâ, cattâro samappadhânâ; cattâro iddhipâda; pancindrîyâni; pancabalâni; satta bojjhangâ; ariyo atthangiko maggo etehi osadhehi Bhagavâ micchâdittham virecati. Micchâ samkappam virecati. Micchâ samkappam virecati sabba kilesa vananam karoti.

Quand le fils de Kisâ Gotami- son unique enfant – mourut, elle consulta tous les médecins prééminents, mais elle ne fut pas capable de ramener son fils à la vie. En dernier ressort, elle alla vers le Bouddha, le plus grand des médecins. Elle ne fut pas capable de trouver la poignée de moutarde telle que prescrite par le Bouddha. Le Bouddha lui avait demandé d’apporter un médicament qui n’était pas du tout disponible. La mère qui essaya de ramener à la vie son fils mort était une patiente. Elle nourrissait cet espoir parce qu’elle était malade mentalement. Par conséquent, le Bouddha ne traita pas le cadavre, mais elle qui était encore en vie. Il lui administra la thérapie appropriée, et la guérit totalement, de manière à ce qu’elle n’expérimente plus cet état d’esprit à nouveau.

Les médecins modernes disent que même pour de nombreuses maladies physiques, la cause en est l’esprit. Le Bouddha découvrit, il y a plus de 2500 ans, que l’esprit est le précurseur de toutes choses. Quand nous considérons les longues descriptions faites par le Bouddha, au sujet de l’esprit et les phénomènes mentaux, il apparaît tout à fait évident que le Bouddha n’était pas seulement un psychiatre, mais qu’il était aussi un psychologue.

L’illumination est l’état le plus élevé qu’un homme puisse atteindre en développant son esprit. Nibbâna (la libération) est le statut supra-mondain le plus élevé qu’une personne qui a développé son esprit puisse atteindre. De tous les psychiatres qui sont apparus dans l’humanité, le Bouddha fut le docteur du mental qui traita le plus grand nombre de patients malades mentalement. Il fut le psychiatre qui guérit le plus grand nombre de malades mentaux.

Les médicaments prescrits par le Bouddha pour les maladies physiques des Bhikkhus; également, sont décrits dans le « Bhesajjakkhandhaka » du « Mahâvagga Pali ». Les Bhikkhus qui vivaient dans des ermitages de forêts pouvaient être menacés par des serpents venimeux, de façon assez fréquentes. Le Bouddha prescrivit les quatre Mahâ Vikatas (les quatre formes primaires de remèdes) contre les morsures de serpent. Les quatre sont:- a) Mala (fèces); b) Mutta (urine); c) Carika (cendres chaudes) et d) Mattika (argile).

 

Pour la jaunisse, de la noix d’aralu plongée dans de l’urine de bovin était prescrite; pour les maux d’estomac, c’était du sédiment de sel; et le pot roast???? était prescrit pour l’émaciation. Quand une personne avait avalé du poison elle devait boire des fèces diluées dans de l’eau. Un « plâtre » de moutarde était appliqué sur une plaie. Des onguents étaient appliqués pour les maladies des yeux. Des copeaux d’écorce et de la bouse de vache étaient bouillis ensemble et appliqués pour les démangeaisons. Diverses formes d’herbes, des variétés de sel, des ignames et des racines étaient prescrits.

Le Bouddha présenta de nombreuses variétés de thérapies pour les maladies des Bhikkhus quand il voyageait dans les villages, les villes de marché et les forêts en compagnie d’un grand nombre de moines comme suite. Lors de tels voyages, les médicaments n’étaient pas emportés. Et les médecins ne les accompagnaient pas non plus. Si un moine tombait malade il était traité sur place avec les moyens du bord. De cette manière, le Bouddha peut être considéré non seulement comme un psychiatre, mais aussi comme un médecin.

 

L’ÂME

 

LA CROYANCE EN UNE ÂME EST

LA SOURCE DE TOUS LES TROUBLES

 

Le Bouddhisme demeure unique dans l’histoire de la pensée humaine par le fait qu’il nie l’existence d’une telle âme, Soi, ou Âtman. Conformément à l’enseignement du Bouddha, l’idée d’un Soi est une croyance imaginaire et fausse dénuée de réalité correspondante, et elle produit des pensées nuisibles de « moi » et « mien », des désirs égoïstes, le désir ardent, l’attachement, la haine, la malveillance, la vanité, l’orgueil, l’égoïsme et d’autres souillures du mental et problèmes. C’est la source de tous les troubles dans le monde depuis les conflits d’ordre personnel aux guerres entre nations. En bref, tous les maux du monde peuvent être attribués à cette vision fausse.

Vénérable Dr. W. Rahula, « L’enseignement du Bouddha »

 

 

Le Bouddha- Une personne à la beauté incomparable

 

Si dans ce monde quelqu’un fut doté d’une forme humaine attirante, qui apportait du plaisir à chaque être qui le voyait ou le rencontrait, ce fut le suprême Bouddha. De toutes les statues et images des êtres et dirigeants célèbres qui ont trépassé de temps à autres, l’on peut difficilement trouver une statue ou image aussi populaire que celle du Bouddha.

D’après ceci nous pouvons glaner une idée sur l’incomparable présence physique du Bouddha. Des millions de personnes qui n’ont pas été bouleversées par les statues des grands empereurs avec leurs couronnes et leur étonnante splendeur royale, ou par l’image d’une grande reine, resplendissante dans toute sa gloire féminine, ont été remplies de joie sereine en contemplant la figure ascétique plaisante, contenue et calme, la figure en robe, la figure du Bouddha.

Aujourd’hui, aussi, cela se produit. Quiconque a rencontré le Swâmi Vivekananda en personne , un individu né dans une famille ordinaire du Nord de l’Inde- peut imaginer comment le prince Siddhârtha, né dans une famille royale d’Inde du Nord et du clan des Sakya, serait apparu.

La Bouddha, longtemps après qu’il soit devenu le Bouddha, dit aux moines brièvement comment il vivait dans le luxe étant jeune.

« Ô Moines, j’étais très délicat quand j’étais jeune-extrêmement délicat. Moines, dans le palais de mon père, de beaux étangs avaient été créés pour moi. L’un d’entre eux était plein de lotus bleus. Le deuxième était rempli de lotus blancs. Le troisième avait des lotus rouges. Ils étaient là seulement pour ma félicité. Moines, je ne portai jamais de costume qui n’était pas extrêmement beau. Les matériaux de mon turban, fait de soie de Kasi, étaient extrêmement beaux. Tous mes vêtements étaient extrêmement beaux. Mon châle était extrêmement beau. Jour et nuit, un parapluie blanc était dressé au dessus de ma tête de manière à ce que je ne sois pas affecté par le froid, la chaleur, la rosée et la poussière. Moines, j’avais trois palais. Un convenait à l’hiver. Un autre à l’été. Le troisième avait été bâti pour la saison des pluies. Pendant les quatre mois des pluies, j’étais diverti dans le palais désigné pour cette saison par un orchestre composé uniquement de femmes, sans le moindre homme. Je ne descendais jamais sur le sol depuis l’étage supérieur. Au sein d’autres ménages, l’on donne du son de riz et une soupe grossière???. Mais dans le palais de mon père, on leur servait de la viande et du riz savoureux. Je vivais dans un tel luxe quand j’avais seize ans. »

Dans le passage cité ci-dessus, le Bouddha a déclaré de ses propres paroles, après qu’il devint le Bouddha, comment en tant que le prince Siddhârtha, il put jouir du plus grand luxe qu’un homme pouvait avoir. On peut à peine déclarer quelque chose au sujet de l’apparence physique d’un jeune homme fortuné qui put jouir de tels privilèges. Un jour, quand le prince Siddhârtha retournait chez lui depuis le parc, une princesse dénommée Kisâ Gotami, qui surveillait les alentours depuis l’étage supérieur d’un palais de la ville, parla ainsi:

« Les parents d’un jeune homme comme celui-ci seraient les parents les plus heureux. Si une jeune femme pouvait avoir comme époux un jeune homme tel que celui-ci, elle serait extrêmement chanceuse. » (Nibbutâ nûna sâ mâtâ – Nibbutâ nûne so pitâ – Nibbûtâ nûna sâ nâri- Yassânam îdiso pati)

 

Ces « propos  bien heureux » (« Nibbuta Pada ») sont le témoignage de la grande beauté physique du Prince Siddhârtha.

 

Même en tant qu’ascète il était doué d’une apparence qui hypnotisait ceux qui le voyaient. Quand il faisait ses rondes à aumônes dans les rues de Rajagaha tous les citoyens étaient bouleversés par sa présence. La ville était agitée comme Rajagaha quand l’éléphant roi y entrait???????La ville était totalement perturbée comme le Ciel, quand le roi des Asuras (titans) y entrait. Les hommes du Roi informèrent le Roi: « Votre majesté, un être étrange qui ne peut être identifié ni comme un  dieu, ni comme un homme, ou un Nâga, ou un supanna (oiseau mythique), fait sa ronde d’aumônes dans la ville. »

 

Le Roi l’aperçut depuis l’étage supérieur de son palais et ordonna à ses hommes de le faire venir en sa présence, disant qu’il était une étrange personne. (Jâtakattha Kathâ-Nidâna Kathâ)

Quand le Bouddha voyageait vers Bénarès après avoir atteint l’illumination à Budhgayâ, un ascète du nom de Upaka le vit sur la route.

 

Il dit au Bouddha: « Ô homme fortuné, votre expression corporelle semble tout à fait sereine. Votre teint est tout à fait clair-extrêmement clair. Sous les instructions de qui êtes-vous devenu ascète? »

« Vippasannâni kho avuso indriyâni parisuddho chavi vanno: pari yodâto kamsi tvam âvuso uddissa pabbajito? »

 

Même cet ascète fut particulièrement impressionné par l’apparence physique du Bouddha. Une fois, le Bouddha séjournait dans le hall de l’assemblée en forme de dôme dans la grande forêt de la ville de Vesâli. En ce temps-là, environ cinq cents Licchavis étaient à sa suite. Certains d’entre eux étaient bleus. Ils portaient des costumes bleus, des accessoires bleus. Certains étaient jaunes. Ils portaient des costumes jaunes avec des accessoires jaunes. Certains étaient rouges. Ils portaient des costumes rouges avec des accessoires rouges. Certains étaient blancs. Ils portaient des costumes blancs avec des accessoires blancs. Le Bouddha rayonnait de teint et de gloire, au dessus de tous ces êtres. (Anguttara Nikâya- Pancaka Nikâya Catuttha Pannasâka).

 

Il est clair même de ce point de vue que le Bouddha était d’un teint encore plus rayonnant que les membres du clan royal Licchavi qui étaient considérés comme le plus beau clan de l’Inde de l’époque.

 

Un jeune, du nom de Vakkali, vit le Bouddha un jour. Il fut si bouleversé par l’apparence du Bouddha qu’il continua à le regarder fixement. Il décida que la seule chose qu’il pourrait faire pour continuer à regarder fixement l’incomparable beauté physique du Bouddha était de recevoir l’ordination de ses soins. Il ne devint pas un moine parce qu’il avait été désillusionné par la vie laïque ou parce qu’il voulait atteindre Nibbâna.

 

Sa seule préoccupation était de continuer à regarder la beauté physique du Bouddha. Il se rendrait en tout lieu où le Bouddha se trouverait, et d’un lieu où il pourrait voir le Bouddha, il continuerait à le regarder fixement. Il fit tout ceci comme une routine quotidienne. Le Bouddha remarqua ce comportement de Vakkali qui le regardait fixement sans méditer. Le Bouddha lui dit: « Apehi Vakkali, apehi Vakkali kim tuyhimina pûti kâyena? » « Vekkali, vas-t’en! Vekkali, vas-t’en! Quel est l’utilité de ce corps impur pour toi? »

Quand il fut chassé de la sorte il se concentra sur la vie religieuse, et devint un Arahant.

 

Saddhammaratnâvalî décrit de cette manière la tentative du Brahmane Mâgandhi de donner sa jolie fille en mariage au Bouddha: « Elle était la fille du Brahmane Mâgandhi du pays Kuru. Sa mère, aussi, s’appelait Mâgandhi. Son oncle aussi se dénommait Mâgandhi. Cette femme nommée Mâgandhi était extrêmement belle. Aussi attirante qu’une divine jeune fille. »

 

Malgré de multiples tentatives, son père le Brahmane ne put lui trouver un mari qui lui convienne. Des propositions furent adressées de la part de familles très influentes avec de vastes suites pour la prendre comme jeune mariée. Mais le Brahmane leur adressait des insultes et les renvoyait, en disant: « Vous n’êtes pas digne de ma fille. »

 

Un matin, le Bouddha contemplait le monde avec sa vision de grande compassion. Il réalisa que le Brahmane Mâgandhi et son épouse avaient le potentiel de devenir des non-revenants (anagamis). Le Bouddha prit ses robes et son bol à aumônes et visita le lieu où le Brahmane Mâgandhi faisait des offrandes au Dieu du Feu, à l’extérieur de sa maison. Le Brahmane contempla les trente-deux marques d’une personne à la grandeur exceptionnelle: sur le corps du Bouddha et ses quatre-vingt caractéristiques physiques d’un Bouddha. Voyant cette grande âme, le Brahmane songea: « Il n’existe pas dans le monde d’autre homme similaire à cet homme si précieux. Il est exactement celui qui convient à ma fille. Je lui donnerai ma fille en mariage. » Il parla au Bouddha: « Ô Moine, j’ai une fille. Ne trouvant  pas d’homme lui convenant en tant que mari, je l’ai gardée sous ma protection et sous mon toit jusqu’à ce jour. Maintenant que j’ai contemplé votre beauté physique, je pense qu’elle vous conviendra tout à fait. Vous aussi, vous lui convenez tout à fait. Je vous donnerai cette fille qui est ma fille comme épouse dès maintenant. Attendez ici que je vous l’amène. »

 

Le Bouddha ne dit ni du bien ni du mal (de cette proposition). Le Brahmane accourut chez lui et dit à sa femme: « Ô fortunée, que fais-tu? J’ai juste trouvé une personne qui convient tout à fait à ta fille. Je lui ai demandé d’attendre sur le bord de la route. Habille ta fille et amène-la sans tarder. » Il fit habiller sa fille, et l’amena en compagnie de son épouse.

 

Quand elle vit le Brahmane sortant de chez lui, la ville entière fut tout en émoi comme une ville céleste envahie par les Asuras. « Quel miracle que ceci? Plus tôt, ce Brahmane, de façon tout à fait claire, voyant la prospérité des personnes nobles de Anga, Magadha, Kasi, Kosala, Vajji, Malla et d’autres lieux, observant leur richesse, leurs suites et leur gloire, rejeta leurs propositions, disant: « Vous n’êtes pas digne de la beauté de ma fille. » Mais aujourd’hui, il s’empresse d’amener sa femme, en disant: « J’ai trouvé un ascète qui convient à ma fille. » Nous devons voir quel genre d’homme précieux comme un joyau il doit être. » Surprises, ces foules suivirent le Brahmane.

 

Quand il revint avec la fille le Bouddha avait déjà quitté le lieu où le Brahmane voulait qu’il demeure. Le Bouddha avait souhaité que les empreintes de ses pieds soient visibles au lieu où il se tenait debout précédemment, et il s’assit à un endroit proche. Seulement quand le Bouddha souhaite que telles ou telles personnes voient quelque chose, alors peuvent-elles voir cette chose. Les autres ne peuvent la voir. S’il souhaitait que cela dure un certain temps, cela durera ce temps-ci, même si des inondations, qui peuvent emporter les éléphants, les chevaux, les bovins et les buffles, peuvent se produire. Même si une tornade féroce était provoquée par une personne dotée de pouvoirs magiques, même pas une petite portion de l’empreinte du pied (du Bouddha) ne serait effacée.

 

L’épouse du Brahmane demanda à son mari: « Où est la personne que tu as vue? » Le Brahmane répondit: « Je lui ai demandée de rester ici. » Quand il regarda autour pour voir où le Bouddha était parti, il aperçut l’empreinte sacrée du pied du Bouddha.*

 

L’épouse du Brahmane analysa les signes car elle était une adepte des trois Védas, et comme elle connaissait les secrets des signes, elle dit à son époux:

« Que dis-tu au nom du monde. Ce n’est pas l’empreinte de pieds d’un homme qui rendra son torse impur en le pressant contre la poitrine d’une femme, qui n’est qu’un morceau de chair. Ce n’est pas l’empreinte de pied d’un homme passionné qui touchera par son visage la face impure d’une femme. C’est invariablement l’empreinte de pied d’une personne noble qui a éradiqué toutes les imperfections, et qui est omnisciente. »

 

Ensuite le Brahmane dit: « Toi la femme Brahmane, tu es semblable à une personne apercevant des crocodiles dans une assiette. Vois-tu des bandits se cachant au beau milieu de la maison? Ne dis pas de choses vaines. » L’épouse du Brahmane répondit: « Toi le Brahmane, bien que tu sois né dans un clan de Brahmanes, tu ne connais pas beaucoup ces choses-là. Fais ce que bon te semble. De toute façon quoi que tu dises, ce n’est pas l’empreinte du pied d’un homme qui se complaira aux plaisirs des cinq sens. » Sur ce, le Brahmane regarda autour de lui et aperçut le Bouddha assis tel un goutte d’ambroisie. Il s’adressa au Bouddha en ces termes: « Ô Moine, je vous ai amené ma fille afin qu’elle vous soit donnée en mariage. C’est ma fille. Maintenant prenez-la comme épouse. Le Bouddha, sans dire si sa fille lui était ou non d’une quelconque utilité, s’adressa au Brahmane. » Ô Brahmane, je vous dirai quelque chose de précis. » « Allez-y et dites-la », répondit le Brahmane.

 

Le Bouddha commença à faire la narration des évènements qui suivirent sa renonciation.

« Ô Brahmane, en raison de ma peur du cycle des renaissances, j’ai abandonné le royaume de Kapilavatthu qui était semblable à une cité céleste. J’ai abandonné une grande reine telle que Yasodharâ, un fils tel que Râhula. J’ai renoncé à mon désir d’une monarchie universelle que j’étais destiné à assumer. A minuit, je quittai mon palais où il y avait environ quarante mille jeunes filles nobles à la divine beauté. Je m’enfuis sans me soucier de tout ceci autant qu’une fourmilière avec un serpent femelle en son sein. Je m’enfuis sans même regarder en arrière. Même la mort (Mâra), qui m’avait poursuivi pendant six ans comme mon ombre, ne put déceler en moi la moindre hésitation de nature sensuelle. Désillusionné tel un chacal qui avait protégé des fleurs rouges, en les confondant avec de la nourriture, Mâra s’enfuit, épuisé. Je produisis un très grand effort pendant six ans, m’assis sur le « siège » insurpassable, sous l’arbre Bodhi, vainquis Mâra, et atteignis l’illumination, en faisant trembler la terre. Ensuite vinrent les trois filles de Mâra afin de venger la défaite de leur père. J’envoyai seulement (l’introspection) anicca (l’impermanence), dukkha (la souffrance) et anatta (l’absence de Soi) aux trois faces de Aratî, Ratî et Ragâ, les trois filles de Mâra.

Je n’ai jamais généré de désir sensoriel même quand je vis ces divines jeunes filles du sixième ciel qui est le plan le plus élevé de la sphère sensorielle. Une telle personne désirera-t-elle un monceau d’impuretés tel que votre fille? » (Saddhamaratnâvalî)

 

Quelqu’un peut imaginer la beauté physique glorieuse du Bouddha même à partir de l’histoire suivante.

 

Une fois le Bouddha voyageait dans le marché d’une ville à Anguttarâpa, en compagnie de 1250 disciples. (Saddhim addha telasehi Bhikkhu satehi). Là-bas, un Brahmane précepteur nommé Sela, qui était un adepte des trois Védas, et qui était un expert dans l’identification des caractéristiques des êtres à la grandeur exceptionnelle, vit le Bouddha en compagnie de 300 de ses jeunes élèves. Le Brahmane vit dans le Bouddha les 32 signes des êtres à la grandeur exceptionnelle tels que mentionnés dans les trois Védas (Âgatâni kho pana asmâkam mantesû dvattimsa mahâ purisa lakkhanani). En voyant ces signes le Brahmane Sela rendit hommage à la beauté physique du Bouddha en face du Bouddha lui-même. Le grand spécialiste affirma que conformément à la science des caractéristiques humaines, il est sans doute un Bouddha.

 

A la fin, le Brahmane Sela, en compagnie de ses 300 élèves, devint un moine à la suite du Bouddha. Recevant la grande ordination, il devint un Arahant. Ce savant Brahmane prit refuge dans le Bouddha pas parce qu’il avait écouté un de ses discours, mais parce que les 32 signes caractéristiques, décrits dans la science qu’il avait étudiée, existaient sur le corps du Bouddha.

 

En d’autres termes, il était séduit par l’apparence physique du Bouddha. Les fameuses stances dans le Narasîha Gâthâ- composées comme si elles étaient les versets avec lesquels la reine Yasodharâ  introduisit le Bouddha auprès du Prince Râhula- exaltaient l’apparence physique du Bouddha d’une manière incomparable. Ce genre de louange ne peut être adressée à d’autres personnes parmi le genre humain. Une autre personne ne peut non plus recevoir une telle louange.

« Samano khalu, Gotamo abhirûpo, dassanîyo, pâsâdike, paramâya vanna pokkharatâya samannâgato Brahma vanni Brahma vacchasî, akkuddâva kâso dassanâya. »

« Ô amis, le Bouddha a plus de charme que tous les autres êtres humains. Personne n’est satisfait à ne le voir qu’une fois. Chacun souhaite le voir de plus en plus. Quiconque est charmé rien que par le fait de le voir. Il possède la beauté du teint. Il a le teint doré. Son corps scintille comme le corps de Brahma. Il y a beaucoup de temps pour le voir??? », dit le Brahmane Sona Danda.

(Dîgha Nikâya- Sona Danda Sutta)

 

« Singî nikkasavanno Rajagaham pâvisi Bhagavâ. » Le Bouddha, qui a le teint doré, est arrivé à Râjagaha. (Mahâ Vagga)

 

Il n’existe pas de statue plus populaire que l’image du Bouddha. Sur la table de Bernard Shaw, aussi, il y avait une image du Bouddha. L’image du Bouddha, même quand elle est taillée dans la pierre, a la capacité d’inspirer de la sérénité à quiconque. Jawaharlâl Nehru, quand il était en prison, atteignit   la tranquillité de l’esprit en regardant une photographie de la statue du Bouddha de Anuradhapura (Sri Lanka). L’apparence vue dans la statue de Bouddha, qui est unique, sans imperfections, sereine et sobre, ne peut être vue dans une autre image. Tout ceci prouve que ce Bouddha était doué d’une  beauté physique sans parallèles.

 

Le Bouddha est le plus grand des psychologues

 

Avant qu’il n’atteigne l’éveil, le Prince Siddhârtha a essayé le mieux qu’il pouvait d’étudier de façon approfondie l’homme et son esprit, et de conduire des recherches sur ces thèmes. En atteignant l’illumination il réalisa toutes choses méritant d’être connues au sujet de l’homme et de son esprit. Il acquit la capacité de pénétrer l’esprit d’autrui (para-citta vijânâna nâna).

 

Le Bouddha connaissait le profil entier d’un individu qui venait lui rendre visite; incluant son caractère, ses idées et vues, sa naissance passée et future. En conséquence, la plus grande fortune dont ses contemporains héritèrent étaient d’être entendus par le Bouddha.

 

La plupart des personnes qui eurent la chance de le rencontrer atteignirent un statut plus élevé. Ils en tirèrent de bons résultats. Environ quatre-vingt dix neuf pour cent des gens qui eurent la chance de rencontrer le Bouddha furent des personnes très fortunées. Certaines d’entre eux ne retournèrent plus du tout à leur foyer familial. Elles abandonnèrent toutes leurs possessions telles que maisons, terrains, conjoints et enfants, les oublièrent tous, et devinrent les disciples du Bouddha.

 

Le psychologue qui comprit l’esprit humain de la manière plus profonde fut le Bouddha. Il a décrit lui-même la compréhension surprenante qu’il avait de l’esprit.

«Ô Moines, je peux utiliser tous les pouvoirs psychiques que je veux. Je peux apparaître en tant que plusieurs bien que je sois seulement un. J’apparais en tant que deux personnes, puis je me fonds en une seule. J’apparaitrai en me faisant voir par tous, mais je peux demeurer invisible de tous. Je peux traverser les murs, les forteresses, les rochers, sans sensation tactile comme si je me mouvais dans l’air. Je peux me mouvoir à l’intérieur de l’eau et aussi sur l’eau. Je peux voyager dans les airs comme un oiseau. Je peux marcher dans l’air comme si je marchais sur la terre. Je peux toucher le soleil et la lune avec mes mains. »

 

« Moines, je peux me remémorer mes naissances passées aussi loin que je le souhaite. Je peux me souvenir non seulement d’une ou deux naissances passées, mais des centaines de milliers de naissances passées. Je peux les scruter en m’en remémorant un éon. Dans telle ou telle communauté, dans tel ou tel clan, subsistant grâce telle ou telle nourriture. Je vécus sous tel ou tel nom. Après avoir quitté cette naissance, je renaquis en tel ou tel lieu. Là aussi, je vécus dans tel ou tel clan sous tel ou tel nom. Je peux me souvenir ou je naquis ensuite. Je peux pénétrer avec mon œil divin aussi loin que je le souhaite, et savoir comment des hommes et des femmes naissent et meurent. Je peux connaître leur statut- qu’ils soient de haute ou basse condition, bons ou mauvais.

 

« Je peux savoir que telle ou telle personne est née dans tel ou tel état mauvais en raison de tel ou tel acte mauvais. Je peux également savoir que telle ou telle personne a atteint telle ou telle demeure plaisante en tant que résultat de tel ou tel acte méritoire.

(Samyutta Nikâya- Kassapa Samutta)

 

Le seul psychologue qui connut l’esprit humain dans sa totalité et de façon pleinement compréhensive était le Bouddha.

« Ô Moines, je ne peux pas voir avec ma sagesse une image autre que celle de la femme qui attire l’esprit de l’homme avec autant de ténacité. » déclara le Bouddha (Nâham Bhikkhave annam ekarupampi samanuppasâmi, yam evam purisessa cittam pariyâdâya titthati, yathayi da Bhikkhave purisassa cittam pariyâdâya tittha ti)

 

Le Bouddha déclara aussi:

« Ô Moines, je ne peux pas voir avec ma sagesse un son autre que celui de la femme qui attire l’esprit de l’homme avec autant de ténacité. » (« Nâham Bhikkhave annam ekasaddampi samanu passâmi yam evam purisassa cittam pariyâdâya titthati yathadiyam Bhikkhave itthisaddam. Itthi saddam Bhikkhave purisassa cittam pariyâdâya tutthati »)

 

Pareillement,

« Ô Bhikkhus, le goût des femmes, le toucher des femmes attirent extrêmement les hommes. Ô Moines, je ne peux pas voir avec ma sagesse d’autres phénomènes conduisant plus à la destruction que l’esprit humain, qui n’a pas été cultivé par la méditation, qui n’a pas été restreint, et qui n’a pas été développé correctement. » (« Nâham Bhikkhave annam eka dhammapi samanupassâmi yam evam abhâvitam mahato anathâya samvattati, yathayidam cittam »)

 

« Ô Moines, je ne peux pas voir avec ma sagesse d’autre phénomène qui conduit mieux à un bien énorme, à un progrès énorme et à un grand bonheur que l’esprit cultivé par la méditation, que l’esprit qui est restreint et développé. »

(« Nâham Bhikkhave annam ekadhammampi samanupassâmi, yam evam bhâvitam, bahulîkatam mahato atthâya samvattati, yathayidam cittam. »)

 

« Ô Moines, cet esprit subconscient est rayonnant, claire et lucide. Il est contaminé par les imperfections qui viennent du dehors. »

(« Pabhassara midam Bhikkhave cittam tanca kho âgantukehi upakkilesehi upakkilttham. »)

(Anguttara Nikâya – Ekaka Nipâta)

 

Le Bouddha, dont l’esprit était rempli de compassion et d’amour bienveillant a prêché ses sermons aux cœurs des hommes et des femmes. Les gens acceptaient cette doctrine avec leur cœur. Si un millier de personnes écoutaient un sermon prêché par le Bouddha, chacun d’entre eux disait ensuite: « Ceci a été dit spécialement pour moi.  Ceci a été dit spécialement pour moi. »

 

Pratiquement aucun autre exemple n’est nécessaire pour demander si oui ou non le Bouddha pouvait pénétrer les esprits de toutes ces personnes qu’il rencontrait. Il n’y avait personne qui ne soit pas heureux (se) après avoir écouté un sermon du Bouddha. Il n’y avait personne qui déclara qu’une discussion privée ou un sermon ou un discours ou encore une réponse à une question apportée par le Bouddha fut insatisfaisante. Les deux seules personnes qui s’en allèrent disciplined ??? par les paroles du Bouddha furent le Brahmane Mâgandi et sa fille. Ils furent insatisfaits parce que le Bouddha refusa la proposition de mariage formulée par le Brahmane Mâgandi.

 

Le Bouddha affirma que dans chaque action humaine l’esprit était le précurseur. (Mano pubbamgamâ Dhammâ- Mano setthâ manomayâ.) Les inventions ont vu le jour grâce à des exercices intellectuels qui ont duré des jours, des mois et des années. Les choses nouvelles ont été découvertes par ce biais-là. Les hommes de science moderne ont obtenu des résultats miraculeux en développant l’esprit, de façon systématique. L’homme fut également capable d’atterrir sur la lune en développant l’esprit aux travers un ensemble de constructions mécaniques.

 

Si nous considérons les réalisations mondaines qui ont été la résultante de l’esprit développé dans le domaine matériel, il est tout à fait certain qu’il existe rarement quelque chose qui ne peut être réalisée quand l’esprit est développé subjectivement et spirituellement à travers des méditations et des jhânas. Le psychologue qui développa l’esprit subjectivement jusqu’à niveau le plus profond fut le Bouddha.

La méthode noble consistant à développer l’esprit subjectivement par la méditation et le yoga disparaît peu à peu de notre monde. Cela implique l’ « érosion » d’une grande réalisation qui pouvait être atteinte par l’esprit. Ceci constitue une perte considérable pour la société humaine. Les êtres humains d’aujourd’hui peuvent difficilement croire qu’il fut possible, pour l’esprit humain, de gagner des victoires si incomparables. Certains occidentaux ne peuvent croire aux miracles que seules les personnes sages en Orient pouvaient accomplir en cultivant l’esprit.

 

Mais quiconque, qui a étudié le Bouddhisme en profondeur, verra clairement qu’il n’existe rien de plus grand que le pouvoir de l’esprit. En bref, Nibbâna (la béatitude éternelle) est un phénomène mental. C’est un état d’esprit. La légèreté, l’état sans « fardeau » qui se manifeste quand le désir ardent a été totalement éradiqué du mental, ne peut être expérimenté que par une personne qui a éradiqué toutes les imperfections. Il n’est pas étonnant que le corps, portant le fardeau des imperfections, partira à la dérive, comme une bouffée d’air quand elle se libère ??? de ces charges.

 

Tous les miracles et merveilles du monde ont été accomplis par des êtres humains vivants possédant un esprit. Il n’existe aucun acte étrange ou miraculeux accompli par un cadavre, ou un phénomène inanimé. C’est l’esprit humain qui a fait apparaître dans le monde des choses miraculeuses en contrôlant les forces inanimées.

 

Quand l’esprit quitte un corps vivant, l’on peut voir le changement étrange qui s’opère dans ce corps. A partir de là, nous pouvons sonder le pouvoir de l’esprit. Il n’y a personne qui analysa l’esprit humain aussi profondément que le Bouddha. Il n’existe pas d’autre personne qui décrivit les différents aspects de l’esprit comme le Bouddha le fit. Les hommes de science ont gagné des victoires avec l’aide de l’esprit. Mais ce qu’ils ont découvert au sujet de l’esprit est « périphérique ».

 

Les états miraculeux qui peuvent être atteints par le yoga, la méditation, les Jhânas et la concentration, ont été négligés par les hommes de science moderne, autant que nous sachions. En conséquence, leurs inventions et découvertes n’ont pas conduit au développement de l’esprit humain, et au progrès spirituel et subjectif de l’homme. L’homme gagne en stature, en proportion avec le développement de l’esprit. Les Bouddhas, Pacekka Bouddhas (Bouddhas silencieux), Arahant (les « méritants ») qui cultivèrent leurs esprits jusqu’au niveau le plus élevé, sont les personnes qui possèdent les esprits les plus développés. Le plus bas l’esprit est, le plus bas l’homme est également. Ces yogis, ascètes qui ont atteint les états mentaux les plus purs, reclus, perdirent leur pouvoir au moment où une pensée imparfaite se manifesta en eux.

 

Sakka, le roi des dieux, était séduit par le règne de droiture du roi Mahâmandhâtu. Le dieu Sakka l’emmena dans sa demeure céleste, et attribua au roi la moitié de son royaume céleste. Mahâmandhâtu, quand il commença à jouir du luxe céleste, projeta de tuer Sakka et prendre aussi le contrôle de la moitié du royaume qui appartenait à Sakka, pour son compte. Au moment même où cette pensée vicieuse et avide traversa son esprit, il réalisa qu’il se trouvait à nouveau dans son propre jardin, de retour sur terre. C’est un bon sujet de leçon pour tous afin qu’ils ou elles voient comment, avec une bonne pensée, une personne monte au ciel, et comment, avec une mauvaise pensée, un homme retombe sur terre.

 

Le Bouddha a expérimenté la béatitude des jhânas (absorptions), la félicité de vipassanâ (introspection intuitive), et la béatitude de Nibbâna. Il ne considérait pas les miracles comme étant importants. Il décela des fautes chez ceux qui accomplissaient des miracles pour faire plaisir à la populace. Le Bouddha ne voulut jamais accomplir des miracles et passer pour un « magicien »  frappant de stupeur les gens. Il ne considéra jamais les miracles et la magie comme importants car ils étaient sans utilité au progrès intérieur des êtres. Il décela une faute chez le Vénérable Pindola Bhâradvâja, pour avoir accompli des miracles.

 

Une fois, le Bouddha séjournait dans le bosquet de manguiers appelé Pâvârika, dans le voisinage de Nâlanda. Un maître de maison qui s’appelait Kevaddha vint le rencontrer et, se tenant debout d’un côté, dit au Bouddha: « Seigneur, cette ville de Nâlanda est bien développée. Elle est prospère. Elle est pleine d’habitants. Beaucoup de gens vivant ici ont beaucoup d’admiration pour vous. Si quelqu’un parmi vos disciples pouvait accomplir un miracle qui serait vu par le peuple dans cette ville, ces citoyens auraient encore plus d’admiration pour vous. Pourriez-vous demander à un de vos disciples de faire ainsi? »

 

Après qu’il fit cette requête, le Bouddha s’adressa à Kevaddha ainsi:

« Kevaddha, je ne demande jamais à mes disciples d’accomplir des miracles, qui démontrent des pouvoirs humains supérieurs, pour le bénéfice d’hommes et femmes laïques ordinaires. »

Le Bouddha rejeta la requête de Kevaddha. Ce dernier la formula trois fois. Le Bouddha la rejeta trois fois.

 

Il existe encore une autre histoire qui met en lumière l’attitude du Bouddha vis à vis des miracles. Un jour, le Bouddha demeurait près d’un gué d’une rivière avec certains de ses disciples. Le passeur revenait après voir emmené une personne sur la rive opposée. En ce temps-là, un ascète émacié avec des longs cheveux et une longue barbe épaisse et longue, vint sur les lieux et regarda le Bouddha avec un sourire sarcastique, avec un air railleur. Puis, il commença à marcher sur la surface de l’eau et traversa la rivière.

 

Voyant ce miracle, un de ses disciples dit: « Ô Vénérable, j’aimerais beaucoup vous voir marcher sur l’eau, juste de la manière dont le vieil ascète le fit. » Le Bouddha sourit légèrement. « Moines, dans le monde qu’est-ce que ceci? Cela ne vaut rien. Mais quoi que ce soit, je vous montrerai dans un moment ce que vaut vraiment cette action. » Le passeur vint sur une rive proche. Le passeur, voyant le Bouddha, s’approcha de lui et vint le vénérer. Le Bouddha lui parla en ces termes: « Vous avez emmené un homme vers l’autre rive à l’instant. Combien il vous a payé comme frais? » « Vénérable, il m’a payé la moitié d’un masaka. » (Addhamasaka- c’est une pièce de monnaie de très basse valeur). Le Bouddha se tourna vers son disciple et lui dit:

« Considérez juste que le miracle de cet ascète ne vaut que la moitié d’un masaka. Mais il a du mortifié son corps pendant une longue période de temps pour acquérir ce pouvoir yogique. Pourquoi perdrais-je mon temps précieux que je peux utiliser pour le bien être des peuples, pour une tâche qui ne vaut qu’une moitié de massaka? »

 

Ce qui trouble la plupart des gens est leur manque de véritable connaissance de la valeur des êtres qui les entourent bien qu’ils s’associent avec eux. Les parents ne connaissent pas l’esprit de leurs enfants. Les enseignants ne connaissent pas correctement les souhaits et aspirations de leurs étudiants. Les régents ne connaissent pas les pensées et les griefs de leur sujets. Tous les problèmes éclatent en raison de ceci.

 

Tous les êtres dans le monde ne sont pas des psychologues. Il existe seulement une poignée d’êtres qui peuvent connaître les esprits des autres. En conséquence, seules quelques personnes peuvent satisfaire les autres (sur le plan psychologique). Le seul psychologue qui était capable de satisfaire un grand nombre de personnes est le Bouddha. La plus grande leçon qui nous pouvons apprendre de lui en tant que psychologue est que nous devrions être prêts à travailler, à connaître l’esprit des gens, toujours.