Nouveau commentaire sur le Vitthâra Sutta

Nouveau commentaire sur le Vitthâra Sutta

par Suan Lu Zaw

 

Nos actions n’ont pas de couleurs d’un point de vue ultime. Mais le Bouddha a inclus les actions sombres et les actions blanches dans ce Suttam comme si les actions avaient des couleurs. Ce que le Bouddha fit c’est d’utiliser le langage figuré afin de nous offrir une illustration vivante des actions que nous sommes capables d’entreprendre ainsi que de leurs résultats.

Dans ce nouveau commentaire sur le Vitthaara Suttam ; j’ai prévu d’offrir une interprétation représentative en harmonie avec les exemples utilisés par le Bouddha dans le Suttam originel. En d’autres termes, mon interprétation serait étroitement ciblée et dotée de la fonction de repérer les phénomènes les plus évidents. Après tout, l’approche du Suttanta est toujours partiale et n’avait pas l’intention d’être exhaustive.

Le Vitthaara Suttam contient cinq paragraphes.

Le premier paragraphe est significatif parce que le Bouddha, ici, confirma que les phénomènes de nos actions auront leurs résultats dans la vie prochaine.

Ce paragraphe est la réponse à ceux qui sont sceptiques et qui ont des doutes au sujet du fait que le Bouddha avait effectivement enseigné que le Samsara consiste en une série de renaissances. Le Bouddha a déclaré sans équivoques qu’il les avait personnellement explorées avec une sagesse extraordinaire.

Le paragraphe deux a défini la signification d’une action sombre. Ici, le Bouddha a limité l’éventail des significations de l’action sombre à ces actions accomplies sous l’effet de la colère. Nous avons besoin de nous souvenir de cette limitation appliquée au sens de l’adjectif « sombre (kanha) ». Dans ce paragraphe, l’adjectif « sombre » ne couvre que les actions commises sous l’emprise de la colère.

La chose suivante importante à noter est la puissance de la colère. Nous pouvons connaître la force de la colère si nous connaissons ses conséquences. Le Bouddha décrit le monde infernal misérable comme la destination où conduirait cette colère.

Et il a aussi décrit le sentiment qui en résulte comme vraiment misérable et véritablement insupportable (ekantadukkham).

Cela signifie que, pour expérimenter une existence et un sentiment si infernaux, les actions violentes qui en sont la cause doivent avoir été commises avec une colère d’une pleine puissance.

Ce type de colère qui conduit à des actions sombres, auxquelles il est fait référence dans le paragraphe deux, est bien dépeint dans l’Abhidhamma Pitaka. Dhammasangani, le premier livre de l’Abhidhamma, décrit l’apparition de la conscience malsaine accompagnée de déplaisir et de forte colère (akusala cittam uppannam hoti domanassasahagatam patighasampayuttam).

Le paragraphe trois a défini le sens de l’action blanche. Ici, le Bouddha a décrit l’action blanche comme ces actions accomplies avec absence de colère. Comme tous les états de conscience saines sont accompagnés d’absence de colère conformément à l’Abhidhamma, nous pouvons être sûrs que l’action blanche se réfère à ces actions qui émanent de consciences habiles et saines (kusalacittani).

Tout ce que nous avons besoin de faire ici c’est de déterminer à quelles consciences habiles et saines le Bouddha se référait dans le paragraphe trois. Comme le Bouddha avait défini l’existence et les états mentaux des Dieux Subhakinha Brahma comme le résultat des actions blanches accomplies avec absence de colère, nous pouvons être sûrs que la conscience habile et saine dans le paragraphe trois est la conscience jhânique.

Maintenant, comme étape finale, nous avons besoin de trouver quelle conscience de Jhâna est la cause de la renaissance dans le monde Subhakinha Brahma. A ce sujet, Vibhanga, le deuxième livre de Abhdidhamma, devient utile car nous y trouvons les questions et réponses suivantes.

« Tatiyam jhânam panîtâm bhâvetvâ kattha upapajjanti ? Tatiyam jhânam panîtâm bhâvetvâ subhakinhânâm devânâm sahabyatâm upapajjanti. »

« Où renaissent-ils après avoir développé le troisième Jhâna supérieur (tatiyam jhânam panîtam) ? Ils renaissent dans le monde de Subhakinha Brahma pour avoir développé le troisième Jhâna supérieur. »

Ainsi, nous savons désormais que l’action blanche dans le paragraphe trois se réfère au développement du troisième Jhâna au niveau supérieur.

Le paragraphe quatre requiert notre lecture attentive. Une attention particulière devrait s’appliquer à l’action sombre et à l’action blanche décrites dans le contexte du paragraphe quatre. Est-ce que l’action sombre décrite ici est la même que celle décrite dans le paragraphe deux ? Et est-ce que l’action blanche du paragraphe quatre est similaire à l’action blanche du paragraphe trois ?

Les réponses à ces questions sont non. Comment savons-nous donc que les actions ne sont pas les mêmes bien qu’elles aient les mêmes adjectifs « sombre » et « blanc » ? Nous savons que les actions ne sont pas les mêmes parce que leurs résultats sont différents. Jetons un regard plus incisif sur les résultats des actions décrites dans le paragraphe quatre. Les actions blanches ici conduisent à des renaissances en tant qu’être humains, en tant que divinités sensuelles et en tant qu’êtres habitant des demeures des sphères intermédiaires.

Le commentaire Pali du Vitthâra Suttam a défini les dieux du paragraphe quatre comme des dieux sensuels.

« Ekacce ca devâti ettha pana kâmâvacaradevâ datthabbâ…Ekacce ca pinipâtikâti ettha vemânikapetâ datthabbâ. »

« Et certains dieux ici devraient être définis comme des dieux sensuels…et quelques vinipâtikâ ici devraient être définis comme des êtres habitant des demeures des sphères intermédiaires. »

Comme exemple évident de départ, nous pouvons dire que tous les êtres humains ne sont pas éligibles pour la pratique des consciences jhâniques. A partir de cette observation, nous pouvons savoir que les actions blanches qu’ils ont commises dans leurs vies antérieures émanèrent de consciences saines et habiles inférieures aux Jhâna. Ces consciences inférieures ne sont rien d’autre que des consciences saines et habiles de la sphère sensorielle (kâmâvacara kusalacittâni).

Le Bouddha nous a aussi dit qu’ils avaient également accompli des actions sombres au même titre que ces actions blanches sensuelles. Comme ils ne renaquirent point en enfer comme ceux qui accomplirent des actions sombres et auxquels il est fait référence dans le paragraphe deux, nous pouvons être sûrs que les actions sombres auxquelles il est fait référence dans le paragraphe quatre ne sont pas aussi graves que celles du paragraphe deux.

A ce niveau, nous avons besoin de souligner que les actions sombres auxquelles il est fait référence dans le paragraphe quatre devraient émaner de toutes sortes de consciences malsaines et malhabiles en plus de celles accompagnées par la colère. Nous pouvons savoir ceci car le Bouddha incluait les êtres habitant des demeures de sphères intermédiaires au même titre que les êtres humains et les divinités sensuelles. Les êtres habitant des demeures des sphères intermédiaires sont appelés « vemânikapetâ ». Comme nous l’avons vu plus haut, le terme « vinipâtikâ » que nous trouvons dans le Suttam était défini comme « vemânikapetâ » dans le commentaire Pali de ce Suttam. Vemânika (vimâna+ika) signifie ceux qui ont des demeures (vimâna). Les Peta sont ces êtres qui accomplirent dans leurs vies antérieures des actions sombres habituellement sous l’influence de l’avidité ou de la colère. On les appelle parfois les fantômes affamés.

J’ai appelé Peta les êtres des sphères intermédiaires car ils jouissent en partie de vies agréables et ils patissent en partie de vies misérables, et parce qu’ils pourraient se transformer en êtres heureux après avoir reçu le partage des mérites qui leur sont transférés par les membres de leurs familles encore en vie.

Qu’en est-il à propos des êtres humains qui sont habités par l’avidité ? Nous pourrions nous demander si nous sommes parfois libres d’avidité. La plupart des problèmes dans nos sociétés humaines sont dûs aux inégalités de possessions et de partages des ressources. Nous pouvons dire que ces inégalités sont le résultat des avidités individuelles et collectives. Par conséquent, les êtres humains ont sans doute commis des actions sombres motivées par l’avidité également.

Les actions auxquelles il est fait référence dans le paragraphe cinq sont exclusivement des actions bouddhiques. Seulement quand un Bouddha apparaît parmi le genre humain, des enseignements sur les actions accomplies spécifiquement pour l’épuisement des actions et de leurs résultats deviennent disponibles.

Qu’est-ce que le Bouddha voulait dire quand il définit les actions non-sombres et non-blanches comme activations (cetanâ) pour éradiquer les actions blanches et sombres ayant des résultats blancs et sombres ?

Dans le commentaire Pali sur le Samkkhitta Suttam dans la section 232, dont le Vitthâra Suttam est une élaboration, les actions non-sombres et non-blanches se réfèrent aux quatre étapes du sentier de la sagesse.

« Akanham asukkanti kammakkhayakaram catumagganânam adhippetam. »

« L’action non-sombre et non-blanche signifie les quatre étapes du sentier de la sagesse qui provoque l’épuisement des actions. »

Ainsi, notre étude du Vitthâra Suttam concernant les quatre groupes d’action est complète. Tout ce que nous avons besoin de faire c’est de les situer dans l’Abhidhamma Pitaka. On les trouve toutes dans le Dhammasanganî, le premier livre de l’Abhidhamma.

La référence faite à la conscience responsable de l’action sombre se trouve dans le paragraphe deux section 413.

La référence faite à la conscience responsable de l’action blanche se trouve dans le paragraphe trois section 163.

Les références faites aux consciences responsables de l’action sombre et de l’action blanche se trouvent dans le paragraphe quatre sections 365, 413, 421, 422 pour les actions sombres et section 1 ou 147 pour les actions blanches. La section 365 est seulement un exemple. Il en est de même pour les sections 1 ou 147.

Les références faites à la conscience responsable de l’action non-sombre et de l’action non-blanche se trouvent dans le paragraphe cinq section 277 pour le premier sentier de sagesse (pathamo maggo), 361 pour le deuxième sentier de sagesse (dutiyomaggo), 362 pour le troisième sentier de sagesse (tatiyo maggo) et 363 pour le quatrième sentier de sagesse (catuttho maggo).

 

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