Qu’est-ce que le Bouddhisme Theravada

Qu’est-ce que le Bouddhisme Theravada  ?

 

Theravada (prononcé-plus ou moins-«  terra-VAH-dah  »)- la «  Doctrine des Doyens,  » est l’école du Bouddhisme qui puise son inspiration scripturale dans le Tipitaka, ou le canon Pali, que les érudits généralement considèrent comme contenant les récits les plus anciens des enseignements du Bouddha. Pendant de nombreux siècles, le Theravada a été la religion prédominante du continent Sud-Est asiatique (Thaïlande, Myanmar/Birmanie, Cambodge et Laos) et du Sri Lanka. Aujourd’hui les Bouddhistes Theravada se dénombrent à plus d’une centaine de millions d’adeptes de par le monde. Depuis quelques récentes décennies le Theravada a commencé à prendre racine en Occident.

 

Beaucoup de Bouddhismes, un Dhamma-vinaya

 

Le Bouddha-«  l’Eveillé  »-appela la religion qu’il fonda le Dhamma-vinaya-«  la doctrine et la discipline.  » Afin de procurer une structure sociale qui soutienne le Dhamma-vinaya (ou Dhamma pour raccourcir, sanscrit : Dharma), et afin de préserver ces enseignements pour la postérité, le Bouddha établit l’ordre des Bhikkhu (moines) et des Bhikkhuni (moniales)-le Sangha-qui continue jusqu’à ce jour de dispenser à la fois ses enseignements aux générations subséquentes de laïcs et de moines.

Comme le Dhamma continua sa propagation en Inde après le trépas du Bouddha, des interprétations diverses des enseignements originels virent le jour, ce qui conduisit à des schismes au sein du Sangha et à l’émergence de dix-huit sectes distinctes du Bouddhisme. Une de ces écoles finalement donna lieu à un mouvement réformé qui s’appela lui-même Mahayana («  le Grand Véhicule  ») et qui se référa aux autres écoles avec mépris comme étant l’Hinayana («  le petit véhicule  »). Ce que nous appelons le Theravada aujourd’hui est la seule forme de survivance de ces écoles non-Mahayana. Afin d’éviter le ton péjoratif impliqué par les termes Hinayana et Mahayana, il est courant de nos jours d’utiliser un langage neutre afin de distinguer ces deux branches du Bouddhisme. En raison du fait que le Theravada a dominé historiquement l’Asie du Sud, il est parfois appelé «  Bouddhisme du Sud  », tandis que le Mahayana, qui migra par le Nord de l’Inde vers la Chine, le Tibet, le Japon et la Corée, est connu sous le nom de «  Bouddhisme du Nord  ».

 

Pali: la langue du Bouddhisme Theravada

 

La langue des textes canoniques du Theravada est le Pali (littéralement «  Texte  »), qui est basé sur le dialecte Indo-aryen du pays du milieu qui était probablement parlé en Inde centrale à l’époque du Bouddha. Le Vénérable Ânanda, le cousin du Bouddha et son préposé personnel et intime, mémorisa les sermons (Sutta) du Bouddha et ainsi il devint un dépositaire vivant de ces enseignements. Peu de temps après le trépas du Bouddha (480 avant Jésus-Christ), cinq cents moines parmi les plus seniors-incluant Ânanda-s’assemblèrent pour réciter et vérifier tous les sermons qu’ils avaient entendus au cours de la prédication du Bouddha qui dura quarante-cinq ans. La plupart de ces sermons commencent par conséquent par la formule «  Evam me suttam  »-«  Ainsi ai-je entendu.  »

Après le trépas du Bouddha, les enseignements continuèrent à se transmettre oralement au sein de la communauté monastique conformément à la tradition orale indienne qui précéda de très longue date le Bouddha. Aux environs de l’an 250 avant l’ère chrétienne, le Sangha avait systématiquement arrangé et compilé ces enseignements en trois divisions  : le Vinaya Pitaka (la «  corbeille de la discipline  »-les textes concernant les règles et coutumes du Sangha), le Sutta Pitaka (la «  corbeille des discours  »-les sermons et paroles dits par le Bouddha et ses proches disciples), et l’Abhidhamma Pitaka (la «  corbeille de la doctrine spéciale et supérieure-une analyse psycho-philosophique du Dhamma »). Ensemble elles sont connues sous le nom de Tipitaka, les «  trois corbeilles  ». Au 3ème siècle avant l’ère chrétienne, les moines sri lankais commencèrent à compiler une série de commentaires exhaustifs sur le Tipitaka  ; ils furent subséquemment rassemblés et traduits en Pali au début du 5ème siècle de l’ère chrétienne. Le Tipitaka avec les textes post canoniques (commentaires, chroniques) constituent ensemble le corpus complet de la littérature Theravada classique.

Le Pali était originellement une langue orale sans alphabet qui lui était propre. Ce ne fut qu’en l’an 100 avant l’ère chrétienne que le Tipitaka fut couché pour la première fois par écrit, par des moines Sri Lankais scribes, qui écrivirent le Pali phonétiquement sous une forme précoce d’écriture Brahmi. Depuis le Tipitaka a été translittéré sous la forme de nombreuses écritures (Devanagari, Thaï, Birman, Romaine, Cyrillique, pour en nommer quelques-unes). Bien que les traductions anglaises des textes du Tipitaka les plus populaires abondent, de nombreux étudiants du Theravada considèrent qu’apprendre la langue Pali-même juste un petit peu ici et là-approfondit considérablement leur compréhension et leur appréciation des enseignements du Bouddha.

Personne ne peut prouver que le Tipitaka contienne la moindre des paroles réellement prononcées par le Bouddha historique. Les Bouddhistes pratiquants n’ont jamais trouvé cela problématique. Contrairement aux écritures de nombre de grandes religions du monde, le Tipitaka n’est pas considéré comme un évangile, comme une déclaration inattaquable de vérité divine, révélée par un prophète, devant être acceptée purement avec la foi. Au lieu de cela, ses enseignements ont pour but d’être évalués personnellement, d’être mis en pratique dans notre propre vie, de sorte que nous pouvons vérifier par nous-mêmes en fait s’ils donnent les résultats escomptés. C’est la vérité vers laquelle pointent les paroles du Tipitaka qui importe de façon ultime, pas les paroles elles-mêmes. Bien que les érudits continueront à débattre sur la paternité des passages du Tipitaka pendant des années à venir (et ainsi manqueront entièrement l’objet de ces enseignements), le Tipitaka continuera à paisiblement servir-comme il l’a fait pendant des siècles-de guide indispensable pour des millions d’adeptes dans leur quête de l’Eveil.

 

Un bref résumé des enseignements du Bouddha

 

Les Quatre Nobles Vérités

 

Peu de temps après son Eveil, le Bouddha prononça son premier sermon, dans lequel il exposa le cadre essentiel à partir duquel ses enseignements postérieurs furent basés. Ce cadre consiste dans les Quatre Nobles Vérités, quatre principes fondamentaux de la nature (Dhamma), qui émergèrent de l’évaluation foncièrement honnête et pénétrante faite par le Bouddha au sujet de la condition humaine. Il enseigna ces vérités non en tant que théories métaphysiques ou comme articles de foi, mais en tant que catégories par lesquelles nous devrions structurer notre expérience directe de sorte qu’elle conduise à l’Eveil:

  1. Dukkha: souffrance, l’insatisfaction, le mécontentement, le stress;
  2. La cause de Dukkha: la cause de cette insatisfaction est le désir impérieux (tanha) de sensualité, de devenir, et d’état de devenir;
  3. La cessation de Dukkha: l’abandon de ce désir impérieux;
  4. Le sentier de la pratique conduisant à la cessation de Dukkha: le Noble Sentier Octuple de la vision juste, la pensée juste, la parole juste, l’action juste, le mode d’existence juste, l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste.

En raison de notre ignorance (Avijja) de ces Nobles Vérités, en raison de notre inexpérience du fait que nous ne structurons pas notre vision du monde selon elles, nous demeurons enchaînés au Samsara, le cycle éprouvant de la naissance, de la vieillesse, de la maladie, de la mort et des renaissances. Le désir impérieux propulse ce processus en avant, d’un moment à l’autre et au cours d’innombrables existences, conformément au Kamma (sanscrit Karma), la loi universelle des causes et des effets. Conformément à cette loi immuable, chaque action que l’on commet dans le moment présent-que ce soit par le corps, la parole ou l’esprit lui-même-porte finalement ses fruits conformément à ses propriétés: agissez par des voies malhabiles et blessantes et le malheur est sûr d’en être le fruit; agissez avec habileté et le bonheur s’en suivra de façon ultime. Aussi longtemps que l’on demeure ignorant de ce principe, l’on est astreint à mener une existence sans but: heureux à un moment, en désespoir le moment suivant: nous délectant d’une vie entière dans un monde céleste, la suivante en enfer.

Le Bouddha découvrit qu’obtenir la délivrance du Samsara requiert d’assigner à chacune des Nobles Vérités un rôle spécifique: la première Noble Vérité doit être comprise; la seconde, abandonnée; la troisième, réalisée; la quatrième, développée. La réalisation complète de la troisième Noble Vérité ouvre la voie vers l’Eveil: la fin de l’ignorance, du désir impérieux, de la souffrance et du Kamma lui-même; la pénétration directe de la liberté transcendantale et du bonheur suprême qui se présente comme le but final de tous les enseignements du Bouddha; le non-conditionné, le sans-mort, le sans-lien-Nibbâna (sanscrit Nirvana).

 

Le Sentier Octuple et la pratique du Dhamma

 

En raison du fait que les racines de l’ignorance sont si intimement liées aux mailles de la psyché, l’esprit non-éveillé est capable de se décevoir lui-même avec une ingéniosité à couper le souffle. La solution requiert par conséquent tout simplement d’être aimable, aimant et attentif en pleine conscience dans l’instant présent. Le pratiquant/la pratiquante doit s’armer lui-même/elle-même d’une expertise pour utiliser une gamme d’outils pour déjouer, perdurer au-delà et finalement déraciner les tendances malhabiles du mental. Par exemple, la pratique de la générosité (dana) érode les tendances habituelles du cœur à être habité par le désir impérieux et elle enseigne des leçons valables au sujet des motivations qui y sont sous-jacentes, et des résultats de l’action habile. La pratique de la vertu (sila) nous préserve de dévier du bon sentier d’une manière extravagante et qui génère du mal. Cultiver la bienveillance (metta) nous aide à saper le pouvoir séducteur de la colère. Les dix souvenirs offrent des voies pour soulager le doute, supporter la douleur avec maîtrise de soi, maintenir un sens bénéfique de respect de soi-même, vaincre la paresse et la suffisance, et se restreindre de la soif indomptée. Et il existe bien d’autres habiletés à acquérir.

 

Les bonnes qualités qui émergent et mûrissent à partir de ces pratiques non seulement adoucissent la voie du voyage vers Nibbâna; mais au fil du temps elles ont aussi pour effet de transformer le pratiquant en un membre de la société plus généreux, aimant, compatissant, paisible et lucide. La poursuite sincère par l’individu du sentier de l’Eveil constitue ainsi un don temporel et inestimable pour un monde qui a désespérément besoin d’aide.

 

Le discernement (panna)

 

Le Sentier Octuple est le mieux compris en tant qu’ensemble de qualités personnelles à développer, plutôt qu’en tant que séquence d’étapes le long d’un sentier linéaire. Le développement de la vision juste et de la pensée juste (les facteurs classiquement identifiés avec la sagesse et le discernement) facilite le développement de la parole juste, l’action juste et les moyens d’existence juste (les facteurs identifiés avec la vertu). Comme la vertu se développe se développent aussi les facteurs identifiés avec la concentration (l’effort juste, l’attention juste et la concentration juste). Pareillement, quand la concentration parvient à maturation, le discernement évolue vers un niveau encore plus profond. Et donc le processus se déroule ainsi: le développement d’un facteur favorise le développement du suivant, élevant le pratiquant dans une spirale de maturité spirituelle tendue vers le haut et qui finalement culmine vers l’Eveil.

 

Le long voyage vers l’Eveil commence par les prémices de premières tentatives sincères de cultiver la vision juste-le discernement par lequel l’on reconnaît la validité des Quatre Nobles Vérités et le principe du Kamma.  L’on commence par voir que notre bien-être futur n’est ni prédestiné par le destin, ni abandonné aux caprices d’un être divin ou au pur hasard. Notre responsabilité pour notre propre bonheur repose clairement sur nos propres épaules. Contemplant ceci, nos buts spirituels deviennent soudainement clairs: abandonner les tendances habituelles malhabiles de l’esprit à la faveur de celles qui sont habiles. Et cette pensée juste devient plus forte, et il en est aussi ainsi du désir profond de vivre une vie moralement droite, de choisir ses actions avec vigilance.

 

A ce stade de nombreux adeptes s’engagent dans leur for intérieur à adopter avec du cœur les enseignements du Bouddha, de devenir « Bouddhiste » par l’action de prise de refuge dans le Triple Joyau: le Bouddha (à la fois le Bouddha historique et notre potentiel inné pour réaliser l’Eveil), le Dhamma (à la fois les enseignements du Bouddha et la Vérité ultime vers laquelle ils tendent), et le Sangha (à la fois la lignée monastique ininterrompue qui a préservé les enseignements depuis l’époque du Bouddha, et tous ceux qui ont réalisé ne serait-ce qu’un seul degré d’Eveil). Avec nos pieds ainsi plantés sur la terre solide, et avec l’aide d’un ami ou instructeur admirable (kalyanamitta)  pour nous guider sur le sentier, l’on est bien équipé pour poursuivre le Sentier, suivant les traces du Bouddha lui-même.

 

La vertu (sila)

 

La vision juste et la pensée juste continuent à mûrir grâce aux facteurs du sentier associés avec sila, ou la vertu, nommément, la parole juste, l’action juste et les moyens d’existence justes. Ces derniers sont condensés sous une forme très pratique avec les cinq préceptes, le code d’éthique de conduite de base auquel chaque Bouddhiste pratiquant adhère: s’abstenir de tuer, de voler, de mauvaise conduite sexuelle, de mensonges et d’utilisation d’intoxicants. Même le code complexe de 227 règles pour les moines et de 311 règles pour les nonnes comporte de façon ultime le cœur de ces cinq préceptes de base.

 

La concentration (samadhi)

 

Ayant franchi un pas grâce à la purification de notre propre comportement extérieur par la pratique de sila, la fondation essentielle a été posée pour puiser dans l’aspect transformateur le plus subtil du sentier: la méditation et le développement de samâdhi, la concentration. Ceci est énoncé en détail dans les trois facteurs finaux du sentier: l’effort juste, par lequel l’on apprend à favoriser des qualités habiles de l’esprit au détriment de celles qui sont malhabiles; l’attention juste, par laquelle l’on apprend à diriger son attention de façon continuelle sur l’expérience du moment présent; et la concentration juste, par laquelle l’on apprend à immerger son esprit de façon si approfondie et si résolue dans son objet de méditation qu’il entre dans les Jhana, une série progressive d’états de tranquillité mentaux et physiques de plus en plus profonds.

L’attention juste et la concentration juste sont développées en tandem par le Satipatthana (« cadre de référence » ou « fondements de l’attention »), une approche systématique de la pratique de la méditation qui englobe une gamme élargie d’habiletés et de techniques. Parmi ces pratiques, l’attention du corps (spécialement l’attention de la respiration) est particulièrement efficace pour assurer l’équilibre entre les qualités jumelles de la tranquillité (samatha) et de l’introspection intuitive (vipassana), ou la vision pénétrante. Par une pratique persistante, le méditant devient de plus en plus expert dans la manière de combiner les pouvoirs de samatha et de vipassana afin d’explorer la nature fondamentale de l’esprit et du corps. Tandis que le méditant maîtrise la capacité de structurer son expérience immédiate en termes d’anicca (l’impermanence), dukkha et anatta (le non soi), même les manifestations les plus subtiles de ces trois caractéristiques de l’expérience font l’objet de l’examen le plus aigüe. En même temps, la cause racine de Dukkha-le désir impérieux-est sans relâche exposée à la lumière de l’attention en pleine conscience. Finalement le désir impérieux n’a plus d’endroit où se cacher, le processus karmique entier qui fabrique dukkha se dénoue, le Sentier Octuple atteint son climat noble, et le méditant obtient, sur le long terme, sa vision indubitable du non-conditionné-Nibbâna.

 

L’Eveil

 

Cette première expérience de l’éveil, connue sous le nom d’entrée dans le courant (Sotapatti), constitue le premier de quatre degrés progressifs d’Eveil, chacun d’entre eux entraînant la perte ou l’affaiblissement irréversible de plusieurs entraves (samyojana), les manifestations de l’ignorance qui lie une personne au cycle des naissances et des morts. L’entrée dans le courant marque un tournant radical et sans précédent à la fois dans la vie présente du pratiquant et aussi dans l’intégralité de son long voyage dans le Samsara. Car c’est à ce stade précisément que tous les doutes subsistant quant à la vérité des enseignements du Bouddha disparaissent ; c’est à ce point précis que toute croyance en l’efficacité purificatrice des rites et des rituels s’évapore ; et c’est à ce point précis que la notion longtemps chérie d’un « soi » personnel perdurant tombe en désuétude. L’entrant dans le courant est dit être assuré de ne devoir revivre au plus que sept renaissances (toutes favorables) futures avant de finalement réaliser l’Eveil Complet.

 

Mais l’Eveil complet est encore au bout d’un long chemin. Tandis que le pratiquant s’efforce sur le sentier avec une diligence renouvelée, il ou elle traverse deux autres jalons significatifs : celui qui revient une fois (Sakadagami), qui est accompagné par l’affaiblissement des entraves du désir sensuel et de la malveillance, et le non-revenant (Anagami), chez lequel/laquelle ces deux entraves sont toutes les deux éradiquées. Le stade final de l’Eveil-Arhat-apparaît quand même les niveaux les plus subtils et les plus raffinés du désir impérieux et de l’orgueil sont irrévocablement éteints. A ce stade le pratiquant-désormais un Arhat, ou « être méritant »-parvient au bout du chemin de l’enseignement du Bouddha. Avec l’ignorance, la souffrance, le stress et les renaissances ayant tous pris fin, l’Arhat au final peut lancer le cri de victoire proclamé initialement par le Bouddha à la suite de son Eveil :

« La naissance a pris fin, la vie sainte a été accomplie, la tâche exercée ! Il n’y aura pas de devenir ultérieur dans ce monde. »

 

L’Arhat mène à son terme le reste de ses jours en se délectant intérieurement de la béatitude de Nibbâna, finalement délivré de la possibilité de toute renaissance future. Quand les traces de karma passé de l’Arhat, qui ont duré pendant des éons, sont finalement consumées, l’Arhat trépasse et il ou elle entre dans le Parinibbâna-le dénouement total. Bien que le langage échoue totalement à décrire cet évènement extraordinaire, le Bouddha l’apparenta avec ce qui se produit quand un feu finit par consumer tout son combustible.

 

« La quête sérieuse du bonheur »

 

Le Bouddhisme est parfois naïvement critiqué comme étant une religion ou philosophie « négative » ou « pessimiste ». Certainement la vie n’est pas que misère et déceptions : elle offre de multiples formes de bonheurs et de joie sublimes. Pourquoi alors cette obsession Bouddhiste morne vis-à-vis de l’insatisfaction et de la souffrance ?

 

Le Bouddha basa ses enseignements sur une évaluation franche de notre détresse en tant qu’humains : il y a de l’insatisfaction et de la souffrance dans le monde. Personne ne peut contester ce fait. Dukkha se cache derrière même la plus haute forme de plaisir et de joie mondaine, car, tôt ou tard, aussi sûrement que la nuit suit le jour, ce bonheur doit prendre fin. Si les enseignements du Bouddha devaient s’arrêter là, nous devrions en fait les considérer comme pessimistes et la vie comme totalement sans espoir. Mais, tel un docteur qui prescrit un remède contre une maladie, le Bouddha offre à la fois un espoir (la troisième Noble Vérité) et une guérison (la quatrième). Les enseignements du Bouddha donnent ainsi lieu à un optimisme et à une joie sans égal. Les enseignements offrent ainsi comme récompense la forme de bonheur la plus noble et la plus vraie, et ils accordent une valeur et un sens profonds à une existence qui sans cela serait sinistre. Un professeur moderne les résuma très bien : « Le Bouddhisme est la poursuite sérieuse du bonheur. »

 

Le Theravada vient en Occident

 

Jusqu’au 19ème siècle, les enseignements du Theravada étaient peu connus en dehors de l’Asie du Sud, où ils avaient fleuri pendant deux millénaires et demi. Lors du siècle dernier, cependant, l’Occident avait commencé à connaître l’héritage spirituel unique du Theravada à travers ses enseignements sur l’Eveil. Lors des décennies récentes cet intérêt s’est amplifié, avec le Sangha monastique de diverses écoles du Theravada établissant des douzaines de monastères à travers l’Europe et l’Amérique du Nord. Un nombre accru de centres de méditation pour laïcs, fondés et opérant indépendamment du Sangha monastique, tend à satisfaire les demandes des hommes et femmes laïques-Bouddhistes et autres-aspirant à apprendre des aspects choisis des enseignements du Bouddha.

Le tournant du 21ème siècle présente à la fois des opportunités et des dangers pour le Theravada en Occident : les enseignements du Bouddha seront-ils patiemment étudiés et mis en pratique, et pourront-ils établir des racines profondes dans les pays occidentaux, pour le bénéfice de nombreuses générations à venir ? Le climat occidental actuel et populaire « d’ouverture » et d’enrichissement mutuel entre les diverses traditions spirituelles conduira-t-il à l’émergence d’une nouvelle forme forte de pratique bouddhiste unique et propre à l’ère moderne, ou cela conduira-t-il plutôt à de la confusion et à la dilution de ces enseignements si précieux ? Ce sont des questions ouvertes ; seul le temps nous dira ce qu’il en est.

 

Des enseignements spirituels de toutes formes inondent de nos jours les médias et le marché. Nombre des enseignements spirituels d’aujourd’hui empruntent de façon libérale au Bouddha, ceci dit ils replacent rarement les paroles du Bouddha dans leur véritable contexte. Les chercheurs sincères de vérité sont par conséquent souvent confrontés à la tâche douteuse de s’immerger dans des enseignements d’une exactitude douteuse. Comment pourrions-nous saisir la signification de tout ceci ?

 

Heureusement le Bouddha nous laissa de simples directives afin de nous aider à naviguer dans ce tourbillon déconcertant. Quand bien même nous nous questionnons sur l’authenticité d’un enseignement particulier, soyons bien attentifs au conseil donné par le Bouddha à sa belle-mère :

(Les enseignements qui promeuvent) les qualités de ce que vous pourriez connaître, « Ces qualités mènent à la passion, non à l’absence de passions ; au fait d’avoir des entraves, non au fait d’être sans entraves ; à l’accumulation, non à la perte ; à l’amplification de soi, non à la modestie ; au mécontentement, non au contentement ; à l’enchevêtrement, non à l’isolement ; à la paresse, non à la persistance vive ; au fait de porter un fardeau, non au fait d’être délivré des fardeaux » : Vous pourriez catégoriquement dire, « Ce n’est pas le Dhamma, ce n’est pas le Vinaya, ce n’est pas l’instruction du Maître. »

 

(Pour ce qui est des enseignements qui promeuvent) les qualités de ce que vous pourriez connaître, « Ces qualités mènent à l’absence de passions, non à la passion ; au fait d’être sans entraves ; au contentement, non au mécontentement ; à l’isolement, non à l’enchevêtrement ; à la persistance vive, non à la paresse ; au fait d’être délivré des fardeaux, non au fait de porter un fardeau » : Vous pourriez catégoriquement dire, « C’est le Dhamma, c’est le Vinaya, c’est l’instruction du Maître. »

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