Qui était le Bouddha et quelle était l’essence de son enseignement et sa contribution au genre humain

« Quels que soient les trésors que nous trouvions ici-bas ou bien dans l’autre monde, ou quels que soient les joyaux précieux qui l’on pourrait trouver dans les mondes des Brahma,

Il n’en existe aucun qui soit comparable au Pleinement Éveillé.

Avec confiance, je le dis, dans le Bouddha nous trouvons ce joyau précieux. Par cette vérité, puisse y avoir du bonheur pour tous les êtres. »

Ratana Sutta

Question – De nombreuses personnes dans le monde occidental ne connaissent pas du tout le Bouddha. Qui était le Bouddha et quelle était l’essence de son enseignement et sa contribution au genre humain,

Réponse – il y a plus de 2500 ans, un jeune prince du nom de Siddhattha Gotama naquit du Roi Suddhodana et de la Reine Maha Maya de Kapilavatthu, en Inde. Le prince mena une vie luxueuse, mais protégée, à l’abri de la connaissance des difficultés et des peines du genre humain. Puis, pour la première fois de sa vie, il vit un vieil homme affaibli qui avait du mal à marcher, un homme malade affligé par une grande douleur, et les funérailles d’un homme au milieu de ses proches en pleurs. Le prince réalisa que l’existence heureuse qu’il avait menée était un mirage. La souffrance existait partout autour de lui. Le prince pris de compassion fut profondément ému par la souffrance d’autrui. Que fut la cause de cette souffrance ? Existait-il une voie par laquelle il aiderait l’humanité souffrante ? Le jeune prince réfléchit. Quand il aperçut un ascète calme et serein, le Prince Siddhattha décida d’abandonner sa fortune et son royaume et de chercher un sentier mettant fin à la souffrance. La sérénité et la paix intérieure de l’ascète, inspirèrent le jeune prince. Portant le simple vêtement d’un ascète, il pratiqua la purification du mental, de la parole et de l’action. Utilisant la méditation introspective, il pénétra la vraie nature de l’être et réalisa la Vérité. Cette Vérité, il l’appela les Quatre Nobles Vérités.

La Première Noble Vérité que le Bouddha réalisa, est l’existence de la souffrance – la naissance est douloureuse à la fois pour le bébé et pour la mère. Pareillement, la vieillesse, la maladie et la mort causent de la souffrance. En des circonstances ordinaires, tous les êtres vivants passent par ces processus. De plus, ne pas obtenir ce que nous voulons est souffrance, l’association avec le déplaisant est souffrance, et la séparation de ce que l’on aime et chérit est souffrance. Et tout autour de nous, nous voyons la souffrance causée par la pauvreté et les sévices physiques et mentaux. Même tous les évènements heureux de la vie sont souffrance, car ils prennent tous fin, parce que toutes les choses sont impermanentes. Le Bouddha réalisa que la seule voie par laquelle nous pourrions atteindre le bonheur éternel était une condition étant au-delà du changement, mais toutes les choses prennent fin. Le Bouddha réalisa que la souffrance existe dans ce monde en raison de l’impermanence de toutes choses (phénomènes conditionnés).

La deuxième Noble Vérité réside dans le fait que le Bouddha réalisa que la cause de la souffrance est l’envie impérieuse ou la saisie (volitive). Le Bouddha dit que la cause de la souffrance est dans notre réponse aux évènements (opposée à l’évènement lui-même) : notre réponse forte et conditionnée d’envie impérieuse ou de saisie que le Bouddha appela taṇhā. Pensez-y. Une mort vient de se dérouler dans notre communauté. Est-ce que nous souffrons tous ? Est-ce que nous souffrons tous au même degré ? Non, ce n’est pas le cas. C’est en raison du fait que c’est notre réponse à l’évènement plutôt que l’évènement lui-même qui cause la souffrance – notre réponse forte faite d’envie impérieuse, d’accrochage ou de saisie.

La troisième Noble Vérité réside dans le fait que le Bouddha réalisa l’extinction de la cause de la souffrance et l’absence résultante de souffrance. La cause de la souffrance est l’envie impérieuse. La destruction de l’envie impérieuse conduit à l’absence de la souffrance. Le Bouddha appela l’absence de souffrance Nibbāna.

La quatrième Noble Vérité réside dans le fait que le Bouddha réalisa le sentier conduisant à la destruction de la souffrance que tous les Bouddhistes suivent – Le Noble Sentier Octuple. Un sentier de purification de soi comprenant la générosité, la moralité et la sagesse. Un sentier de compassion infinie et d’amour bienveillant qui enseigne à chacun le lâcher — prise. Un sentier qui conduit au vrai bonheur par l’absence d’envie impérieuse ou de soif. A partir de ce point, il fut connu sous le nom de Bouddha. Le terme Bouddha signifie l’Éveillé ou Celui qui est Plein de Sagesse. Il appela Ses enseignements le Dhamma, ce qui signifie en français : la Loi ou la Vérité.

Le Bouddha était un être humain. Il réalisa la Vérité et se libéra lui-même par ses propres efforts. Le Bouddha comprit que les autres aussi pouvaient réaliser la Vérité et être libérés s’il leur montrait le sentier. Pendant les 45 années qui suivirent, jusqu’à son trépas, le Bouddha enseigna le Dhamma aux humains et aux êtres divins (devas) de sorte que les autres purent aussi se libérer eux-mêmes en réalisant le sentier conduisant à la destruction totale de la souffrance. Le sentier nous a été montré par le Bouddha. L’effort doit venir de nous. Le Bouddha était un grand maître – un enseignant des hommes et des devas. Il n’était pas un sauveur. Dans le Bouddhisme, vous êtes votre propre sauveur. En fait, ce but fut reflété dans ses dernières paroles. Dans le parinibbāna sutta le Bouddha dit : « Soyez un refuge pour vous-même, ne cherchez aucun refuge chez les autres. Toutes les formations conditionnées sont sujettes au changement. Efforcez-vous vers votre délivrance avec diligence. »

Dans le Mahāvagga le Bouddha dit :

« C’est avec une persévérance inébranlable que j’ai atteint le but final et l’illumination. C’est par des efforts incessants que j’ai atteint la paix suprême.

Si vous vous efforcez aussi de façon incessante en temps voulu, vous atteindrez aussi le but suprême fait de béatitude. »

En effet, ses enseignements disent : « Ce que j’ai réalisé vous pouvez l’accomplir aussi. Car ce qu’un homme a fait, un autre homme peut le faire aussi. » De là découle un aspect très important du Bouddhisme. Dans le Bouddhisme, il ne vous est pas ordonné de faire quoi que ce soit. Vous pratiquez les enseignements du Bouddha après un examen minutieux et une étude et seulement si vous considérez que vous-mêmes et les autres pouvez en tirer un bénéfice. Dans le Kalama Sutta, le Bouddha dit : « N’acceptez pas quelque chose sur un simple ouï-dire, la tradition, les rumeurs, l’inférence, les notions préconçues, la supposition, ou parce que cela semble acceptable. N’acceptez pas quelque chose en pensant que l’ascète qui l’enseigne est respecté de tous. »

En tant que tel, vous pratiquez son Dhamma après un examen prudent, seulement quand vous sentez que le pratiquer, est moralement bénéfique pour vous-même comme pour autrui. Cette approche scientifique est présente au travers de ses Enseignements et cela conduisit le grand homme de science, Albert Einstein, à proclamer : « La religion du futur sera une religion cosmique. Elle devrait transcender un Dieu personnel, éviter les dogmes et la théologie. Comprenant à la fois le naturel et le spirituel, elle devrait être basée sur le sens religieux qui émerge de l’expérience de toutes choses qu’elles soient naturelles et spirituelles en tant qu’unité douée de sens. » Le Bouddhisme répond à cette description. « S’il existe une religion qui s’accordera avec les besoins scientifiques modernes, ce sera le Bouddhisme. » Le Prince Siddhattha abandonna son royaume, sa richesse et sa famille bien aimée dans un but bien précis. Chercher le sentier de la destruction totale de la souffrance de tous les êtres vivants. En tant que tels ses enseignements sont destinés à tous les êtres qui expérimentent la souffrance. Si je devais résumer les enseignements du Bouddha, je dirais qu’Il nous donna les conseils suivants : « Ne faites aucun mal. Faites le bien. Purifiez et disciplinez votre esprit grâce à un développement mental (méditation). »

Les enseignements du Bouddha sont profonds et vastes. J’ai essayé de réunir certains de ses enseignements qui mettent en évidence sa contribution au genre humain. Un des facteurs marquants qui tisse son chemin au travers de l’intégralité de ses enseignements est la compassion infinie du Bouddha envers tous les êtres vivants. Dans le Dhammapada le Bouddha dit :

« La haine n’est pas apaisée par la haine

La haine est apaisée par l’amour bienveillant. »

« Conquérez la colère par l’amour bienveillant

Conquérez le mal par le bien

Conquérez l’avare par la générosité

Conquérez le menteur par la véracité. »

Dans le Metta Sutta le Bouddha dit : « Comme une mère protège son unique enfant, même au péril de sa propre vie, puissions-nous cultiver des pensées illimitées d’amour bienveillant envers tous les êtres vivants. »

En aidant des meurtriers tels que Angulimala, des cannibales tels que Alavaka, des filles esclaves telles que Puñña et des nécessiteux tels que Sopāka, il y a plus de 2500 ans le Bouddha, par son exemple, promut la paix et l’amour bienveillant de tout le genre humain.

Dr Oscar Arias, ex-président du Costa Rica et Prix Nobel de la paix, a fait part de statistiques alarmantes dans son discours, « la Gouvernance morale et le Service Public : Leçons à tirer de l’expérience de l’Amérique Centrale », prononcé à Winnipeg, au Canada, en juin 1999. Quatre pour cent du budget militaire annuel du monde pourraient réduire de moitié l’illettrisme existant à l’échelle planétaire. Huit pour cent stabiliseraient la population mondiale dès 2015. Douze pour cent assureraient les soins de santé de la population totale du monde. Il y a plus de 2500 ans, le Bouddha pris de compassion inclut « le mode d’existence juste » dans le code moral de conduite de ses disciples. Non seulement les Bouddhistes doivent s’abstenir de tuer des êtres vivants, mais ils reçoivent du Bouddha l’instruction de s’abstenir de tous moyens d’existence qui incluent la vente d’animaux destinés à être tués, la manufacture et la vente d’armes utilisées en temps de guerre et de destruction de vies humaines, la manufacture et la vente de drogues, d’alcool, ou de tous produits qui sont nuisibles aux êtres vivants, et les profits tirés de l’exploitation de l’homme telle que la pratique de l’esclavage. Si les enseignements empreints de compassion du Bouddha étaient pratiqués universellement, nous n’aurions pas eu le commerce des esclaves et la guerre civile qui en résulta en Amérique, ou l’apartheid en Afrique du Sud, et nous aurions résolu le problème de la faim et des maladies dans le monde, car l’argent dépensé en armements pourrait plutôt être investi pour le bien-être croissant du genre humain.

Le Bouddha a aussi essayé d’abolir le système des castes dégradant qui existait en Inde. A l’époque du Bouddha, il existait quatre castes distinctes. Les Brahmanes, qui se considéraient comme les élus du Dieu créateur Brahma, et en tant que tels se considérant comme nobles, traitaient les Chandalas de basse caste avec manque de respect et une immense cruauté. Le Bouddha dit : « On n’est pas un hors caste par la naissance. On n’est pas un brahmane (homme noble) par la naissance. Par ses actions seules, on est un hors caste. Par ses actions seules, on est un brahmane (un homme noble). »

 En traitant toutes les personnes avec justice et respect, en rendant accessible son Saint Ordre à toutes les personnes de toutes castes, en nommant à la fois les membres de hautes et basses castes à des statuts honorifiques dans son Ordre Noble, il y a plus de 2500 ans, le Bouddha incita à cultiver la paix et l’amour bienveillant envers tout le genre humain.

Le Bouddha éleva aussi le statut des femmes en Inde à une époque où elles étaient traitées comme des objets. En effet, les femmes étaient souvent traitées comme des objets créés pour le bon plaisir des hommes. Dans ce contexte, le Bouddha consola le Roi Pasenadi Kosala qui était désemparé par la naissance de sa fille en lui disant : « Une enfant pourrait s’avérer meilleure qu’une progéniture du sexe masculin. »

Le Bouddha fut le premier maître religieux à fonder un ordre de nonnes, où les nonnes, comme les moines, étaient entraînées pour atteindre le but suprême. Pour lui, il était tout à fait clair que les femmes étaient aussi capables que les hommes de se développer sur le plan spirituel. Dans son Ordre Noble, le Bouddha avait deux disciples féminines principales pour guider sa congrégation croissante de nonnes, au même titre qu’il avait deux disciples masculins principaux pour guider ses moines. Dans le Sigalovada Sutta le Bouddha enseigna les obligations de l’épouse vis-à-vis de l’époux et les obligations de l’époux vis-à-vis de l’épouse afin qu’il en résulte un mariage heureux. Le Bouddha reconnut que les deux parties apportaient leur contribution au succès de l’union. Et donc nous trouvons dans les enseignements du Bouddha non seulement la paix et l’amour bienveillant envers les hommes, mais aussi la paix et l’amour bienveillant envers les femmes.

Le Bouddha nous enseigna à être particulièrement attentifs aux besoins des malades et des infirmes. Quand le moine Tissa était affligé par une maladie mortelle qui se traduisit par de gros furoncles remplis de pus et qui couvraient son corps, ses frères moines le délaissèrent. Le Bouddha bien aimablement soigna le moine malade et encouragea les autres à aider les personnes malades en disant : « Ceux qui soignent les malades, me soigne. »

Le Bouddha nous enseigna de vénérer et servir nos parents comme nous le ferions avec Brahma, le Dieu Créateur des Brahmanes. Déclarant que Brahma est dans votre maison, le Bouddha compara les qualités et les caractéristiques de Brahma – l’amour bienveillant, la compassion, la joie altruiste et l’équanimité – et il nous montra que ces qualités étaient aussi présentes chez nos parents. Il y a plus de 2500 ans le Bouddha, avec compassion et prévoyance, nous enseigna de prendre soin des parents qui avaient pris soin de nous avec amour quand nous étions trop jeunes pour prendre soin de nous-mêmes. Le respect du Bouddha vis-à-vis de sa mère adoptive, qui le soigna et l’éleva, fut observé lors des funérailles de cette dernière. Le Bouddha ne marcha jamais derrière qui que ce soit. Mais lors des funérailles de Maha Prajāpatī, le Bouddha marcha respectueusement derrière sa voiture funéraire. Avec compassion, il enseigna à son père et à sa mère adoptive le Dhamma, qui met fin aux souffrances. Il visita ultérieurement le monde céleste de Tavatimsa pour enseigner le Dhamma à sa mère biologique, Mahāmāyā (Matu Deva Putta).

Le Bouddha nous enseigna d’avoir de la gratitude envers ceux qui nous ont assistés. Le Bouddha réalisa l’illumination par lui-même grâce à ses propres efforts, sans une intervention ou assistance divine, hormis l’arbre Bodhi sous lequel il réalisa l’illumination et qui lui fournit un abri vis-à-vis des éléments pendant sa lutte intérieure. La deuxième semaine après son illumination, le Bouddha se tint debout immobile pendant une semaine, fixant l’arbre Bodhi avec gratitude, respectant le Grand Arbre Bodhi qui l’avait assisté dans ses efforts en lui assurant un certain confort. Le Bouddha montra sa gratitude envers l’arbre Bodhi – un objet inanimé qui l’avait assisté en lui fournissant un abri pendant son illumination. Il nous enseigna par son exemple de montrer de la gratitude envers tous ceux qui nous ont aidés et assistés dans nos efforts.

Le Bouddha nous a aussi enseigné à être tolérants vis-à-vis des croyances et de la foi d’autrui. Il déclara : « Insulter la religion d’autrui est semblable au fait de lever les yeux et cracher sur le ciel, parce que vous ne croyez pas au ciel ; le crachat revient et salit votre propre visage. » Dans le Aṅguttara Nikāya le Bouddha dit : « Si vous pouvez trouver une vérité dans quelque religion que ce soit, acceptez cette vérité. »

La tolérance du Bouddha vis-à-vis des autres religions est vérifiable clairement dans l’instruction qu’il donna à Upāli le millionnaire. Entendant le Dhamma, Upāli voulut abandonner son maître précédent et prendre refuge dans le Bouddha. Le Bouddha conseilla à Upāli d’examiner son enseignement Il l’invita à réfléchir avec prudence avant de prendre une telle décision en lui disant : « C’est bien pour un homme distingué tel que vous de conduire une investigation approfondie avant de changer d’enseignement. » Upāli, comblé de joie en entendant cette déclaration inattendue, dit, « Si j’étais devenu le disciple de n’importe quel autre maître ils auraient proclamé que moi, Upāli le millionnaire, j’avais changé de maître. Je suis tellement heureux. » Upāli devint bouddhiste par conviction, mais le Bouddha, par sa compassion infinie, lui conseilla d’apporter son soutien à son ancien maître religieux comme auparavant. Quelques religions du monde affirment que le paradis est accessible seulement à ceux qui professent leur foi. Tous les autres, constituant environ 80 % de la population mondiale, sont bons pour l’enfer éternel. De telles croyances ont résulté en des missionnaires « bien intentionnés » qui ont utilisé la force, la coercition, la tricherie et la manipulation mentale afin de convertir les peuples à leur foi. Les structures religieuses furent détruites, les bonnes écoles et les emplois furent accessibles seulement en échange de la conversion, et des titres (rangs sociaux) furent retirés afin d’inciter les personnes à se convertir à leur foi. Plus récemment, dans quelques pays, une aide conditionnelle est apportée aux pauvres, la condition : la conversion. De telles croyances ont résulté en des souffrances indicibles et des bains de sang et elles ont conduit à des croyances en des paradis exclusifs, non sans ressemblance avec la société qu’Hitler avait essayé de créer au travers de l’holocauste des Juifs. Le Bouddha empreint de compassion enseigna que les mondes célestes sont ouverts aux personnes de toutes fois, et qu’y accéder ne dépend pas de la foi ou d’une croyance, mais de la droiture. Ce qui importe n’est pas que vous soyez un bouddhiste, mais que vous soyez une personne pleine de compassion, aimante, généreuse et tolérante.

Sa Sainteté, le Dalaï-Lama, exprima le sentiment du Bouddha au sujet de la conversion comme suit : « Souvenez-vous que notre but n’est pas de faire plus de bouddhistes, mais de permettre à plus d’êtres d’atteindre l’illumination. Quand vous enseignez le Bouddhisme, n’encouragez pas les personnes à devenir bouddhistes, encouragez-les juste à cultiver au fond d’elles-mêmes des qualités d’amour, de compassion, de responsabilité universelle et de sagesse. Si des personnes particulières ayant des liens karmiques forts veulent devenir bouddhistes de manière officielle alors c’est acceptable, mais en général l’accent devrait être mis sur un engagement dans une voie de spiritualité, non dans des traditions religieuses spécifiques. »

Le Bouddhisme est une religion non violente et pleine de compassion, et tout au long de son histoire paisible pendant plus de 2500 ans, pas une seule goutte de sang n’a été versée au nom du Bouddha. Aucun monarque puissant n’a brandi son sabre pour propager les enseignements du Bouddha. En favorisant la compréhension et le respect de la foi d’autrui il y a plus de 2500 ans, le Bouddha promut la paix et l’amour bienveillant envers tout le genre humain.

Les adeptes des enseignements du Bouddha ont incorporé la compassion infinie, la compréhension et la tolérance du Bouddha dans leur vie quotidienne. La liberté que le Bouddha accorda aux femmes a eu des résultats de longue portée. Le Dr Dewaraja présenta un article de recherche à l’Université d’Australie Occidentale intitulé « La Position des Femmes dans le Bouddhisme ». Elle étudia la situation des femmes au Sri Lanka, en Thaïlande, au Myanmar et au Tibet sur une certaine période avant l’impact de l’influence occidentale et la compara à celle des femmes dans d’autres pays asiatiques. Le Dr Dewaraja conclut que : « Le Bouddhisme sauva les filles de l’indignité, éleva la position de l’épouse à un niveau de quasi-égalité, et délivra les veuves d’un état de misère abjecte. »

L’application de la tolérance religieuse est également très apparente quand vous jetez un œil sur les pays bouddhistes. Non seulement il n’y a pas eu de bain de sang, coercition ou d’usage de la force dans la propagation du message de paix du Bouddha, mais les pays bouddhistes ont encouragé avec compassion et tolérance ceux qui avaient une foi différente à pratiquer leur religion. Environ 80 % des Sri Lankais sont bouddhistes. Le reste de la population appartient aux autres religions majeures. En plus des festivals bouddhistes, nous célébrons des fêtes religieuses telles que Noël, Hajji et Deepavali, le festival hindou des lumières. Niché entre les temples bouddhiques du Sri Lanka, l’on trouve des kovils Hindous finement sculptés, des églises décorées qui nous font entendre des cloches les dimanches, et les prières raisonnant dans les mosquées des musulmans. En fait, les autres communautés sont si bien intégrées que l’on entend souvent parler de bouddhistes qui se rendent au temple où siège l’autel de Kataragama, un nom local du dieu hindou Skandha, ou dans des églises où la foule des fidèles se masse la veille de Noël. Et les festivités des lanternes and pandols pour Vesak, la célébration de la naissance du Bouddha, est un événement spectaculaire que les personnes de toutes fois apprécient. Dans le passé, les moines et les nonnes bouddhistes ont concentré leurs efforts pour aider l’humanité souffrante en enseignant le Dhamma, aux fins de la destruction totale de la souffrance, tandis que les dévots bouddhistes se concentraient sur les besoins physiques des pauvres et des malades. Au fil du temps, la situation a évolué et nous avons désormais des moines et des nonnes qui consacrent aussi leurs vies au bien-être des pauvres et des malades. Comprenant qu’il est nécessaire pour une personne d’avoir les conforts de base de la nourriture, des vêtements, et d’une bonne santé avant de pouvoir se focaliser sur leur développement spirituel, et réfléchissant sur l’instruction du Bouddha, « Celui qui soigne les malades me soigne », de nombreux moines et de nombreuses nonnes se sont engagés à travailler à l’éradication de la souffrance des pauvres.

Tandis que de tels évènements ne sont pas connus du public, car les moines et les nonnes ne travaillent pas aux fins d’une reconnaissance sociale, j’aimerais vous faire part du travail qui est accompli par le Vénérable Cheng-Yen de Taiwan. Cette nonne bouddhiste a touché les cœurs de millions de personnes dans ses efforts déterminés à aider les pauvres. Grâce à ses efforts une unité de volontaires qui est soutenue financièrement grâce aux commerces et aux individus, fournit désormais des soins de santé, des hôpitaux, des écoles, des centres d’hébergement, de la nourriture et des vêtements aux pauvres. Et les malades au Sri Lanka qui ont eu la chance de bénéficier du ministère aimant du Vénérable Vipassi, attesteront de son esprit de paix et des soins qu’il a prodigués, qui ont changé la vie de millions de personnes, parmi lesquelles il y eut les plus pauvres d’entre les pauvres.

Malgré le fait qu’il s’est écoulé plus de 2500 ans depuis le trépas du Bouddha, ses enseignements sont aussi pertinents aujourd’hui qu’ils le furent à son époque. Nous vivons dans monde matérialiste et égoïste rempli de crimes, de viols et de guerres qui font la une des nouvelles télévisées et qui sont relatées sur les journaux. La cellule familiale se désintègre avec plus de 50 % des mariages qui se terminent par un divorce. Nous vivons dans un monde qui nous induit à penser que c’est « chacun-pour-soi » et qui tolère la notion de la survie du plus apte. Le monde d’aujourd’hui a une population qui dépasse les six milliards d’êtres humains. Six milliards de personnes vivant dans des environnements différents avec des cultures, des éducations et des croyances différentes. Environ 20 % de cette population pratique les enseignements du Bouddha animés de compassion. Et en faisant ceci, elle contribue à la paix et au bien-être du genre humain. Les enseignements du Bouddha furent mis par écrit dans 84,000 suttas (discours). Ils ne constituent que quelques exemples des enseignements du Bouddha et de sa grande contribution au bien-être de l’humanité.