Une introduction au Bouddhisme

Introduction au bouddhisme

 

L’intérêt envers le Bouddhisme se propage de manière stable à travers le monde, spécialement chez les personnes qui cherchent des réponses dans notre ère globale où les idéologies s’affrontent, où émergent des conflits fanatiques et une violence insensée.

Pourquoi cet intérêt se développe t -il si rapidement, particulièrement en Occident?

Peut-être est-ce lié au fait que de plus en plus de personnes réalisent que le Bouddhisme est un enseignement qui:

 

Met l’accent sur la compassion, la tolérance et la modération.

Ouvre la voie d’un sentier de développement spirituel personnel clair.

Ne donne jamais lieu à une foi aveugle ou à un culte irréfléchi.

Encourage les questions et les investigations concernant ses propres enseignements.

Nous enseigne à nous responsabiliser totalement par rapport à nos actions.

Peut être approché, réalisé et expérimenté avec des résultats immédiats.

Dit que les adeptes sincères d’autres confessions sont également récompensés dans l’autre vie. Est profondément en harmonie avec la science moderne.

N’importe qui peut aller dans un au-delà bienheureux.

N’importe qui ?

Que voulez vous dire par N’IMPORTE QUI? Est-ce que le Bouddhisme ne dit pas que seuls les Bouddhistes sont récompensés dans l’au-delà?

Conformément au Bouddhisme, ce qui nous arrive après cette vie ne dépend pas de notre religion. En fait, il n’existe pas de condition requise pour prier, rendre un culte ou même suivre l’enseignement du Bouddha afin d’accéder à un au-delà bienheureux.

Ce qui nous arrive après cette vie dépend de la manière dont nous nous conduisons dans cette vie présente.

Le sentier vers cet au-delà n’est pas éclairci par la foi ou le culte, mais par le fait de faire le bien et d’éviter le mal.

Le Bouddha n’a jamais dit quelque chose comme « vénérez moi et vous serez récompensés ». Il n’a pas non plus menacé d’une punition quiconque ne croirait pas en lui et ne suivrait pas ses enseignements.

Il dit qu’aucune faute n’est commise du fait d’avoir des doutes et de le questionner, car la plupart des gens auront besoin de temps pour comprendre ses enseignements.

Il insista sur le fait que chacun devrait chercher, comprendre et expérimenter la vérité par lui-même, et ne devrait pas avoir de foi aveugle en qui que ce soit ou quoi que ce soit.

Ainsi les Chrétiens, les Hindous, les Musulmans, les Juifs, les Bouddhistes, les Taoïstes et même ceux qui sont athées, sont tous capables d’accéder à cet au-delà bienheureux après la mort. Mais bien sûr à condition qu’ils aient été de bonnes personnes.

Que voulez vous dire par l’au-delà bienheureux? Il peut s’agir d’un espace où nous pouvons renaître après notre mort. Cela peut aussi être un état de conscience.

Par exemple, une personne au caractère colérique peut être constamment de mauvaise humeur et laisser éclater facilement sa colère. Une telle personne peut susciter tout le temps dans son entourage, elle-même comprise, un état mental déplorable et la contrariété. A cause de cet état de conscience, la vie de la personne au caractère colérique ressemblera à un enfer tant pour elle-même que pour son entourage

Par contre si vous prenez quelqu’un qui est toujours d’humeur égale, avec un esprit tranquille et qui est toujours en paix avec lui-même et les autres, il est inutile de dire que cette personne et celles qui l’entourent expérimenteront un état bienheureux dans l’au-delà.

Les enseignements du Bouddha nous permettent d’expérimenter la béatitude en nous montrant comment atteindre de tels états de conscience.

Hormis les états de conscience, les Bouddhistes croient qu’il existe plusieurs royaumes ou sphères d’existence dans l’univers, et ces derniers peuvent être aussi bien des lieux de souffrance ou de bonheur. Traditionnellement, les royaumes de souffrance (ou mondes inférieurs), incluent ceux de l’enfer alors que les royaumes bienheureux (ou supérieurs) sont le royaume humain et les mondes célestes.

Le « royaume » ou « la sphère d’existence » dans lesquels nous renaîtrons dépendent du kamma que nous avons accumulé pour nous-mêmes dans cette vie, aussi bien que du kamma accumulé dans des vies antérieures. Ce kamma est la résultante de nos actions habituelles et de notre comportement.

La taille de la population humaine sur la terre n’est pas par conséquent immuable ou statique comme dans un vase clos, car la renaissance n’est pas limitée au seul genre humain. Hormis notre « royaume » humain, il existe de nombreuses autres sphères d’existence dans l’univers où une renaissance peut avoir lieu.

Si nous renaissons dans un monde inférieur, y demeurerons nous pour l’éternité?

Les Bouddhistes croient que la durée du temps passé dans un monde inférieur dépendra de la quantité de kamma négatif qui a été accumulé.

Il n’existe pas de souffrance éternelle pour quiconque, quelle que soit la quantité du mal fait.

Même si cela peut prendre un temps très long, la souffrance prendra fin une fois que le kamma négatif aura été épuisé.

Ainsi le Bouddhisme ne prône point un concept injuste de châtiment sans fin pour de mauvaises actions au caractère limité.

Par ailleurs, le Bouddhisme ne « menace » pas les fidèles d’autres religions de quelque forme de punition que ce soit. Chacun a la liberté de choisir pour lui-même des croyances et un sentier différents.

Demeurons-nous dans une sphère céleste pour toujours? Est-ce que le Ciel est le but ultime? Les êtres qui ont fait beaucoup de bien et accumulé beaucoup de kamma positif devraient renaître dans un monde céleste. Même si nous ne sommes pas encore capable d’atteindre Nibbâna, le Bouddha nous a tous encouragés à mener des vies droites et vertueuses de manière à renaître dans un monde supérieur, et à fortiori à nous protéger d’une renaissance dans un monde inférieur.

Tandis qu’une vie dans un monde inférieur pourrait durer une période extrêmement longue, cela ne durera pas pour toujours. Les êtres vivant dans de tels mondes décèderont et renaîtront une fois que leur kamma positif sera épuisé.

En tant que telle, les Bouddhistes ne considèrent pas la renaissance dans un monde céleste comme le but suprême. Pour la plupart des Bouddhistes, le but ultime consiste à atteindre Nibbâna.

Il est dit que Nanda, le demi-frère du Bouddha, était mécontent et dit au Bouddha qu’il voulait abandonner la vie sainte. Le Bouddha l’emmena alors dans un des mondes célestes et lui montra toutes les félicités qu’il comportait. Le Bouddha lui promit qu’il serait à même de jouir de toutes ces félicités s’il pratiquait bien le Dhamma. Ceci inspira Nanda et il pratiqua avec beaucoup d’assiduité de manière à renaître dans ce royaume céleste.

Alors qu’il pratiquait, Nanda réalisa de façon progressive que le Nibbâna est un bonheur bien plus grand que de demeurer au Ciel, et il affranchit ensuite le Bouddha de sa promesse antérieure.

 

Qu’est ce que le Nibbâna donc?

 

Si l’on n’est pas engagé dans la pratique du Bouddhisme (le sentier aplani par le Bouddha), Nibbâna est un concept difficile à saisir et à comprendre. Cela revient à essayer d’expliquer les couleurs à un aveugle ou les sons à un sourd. Le langage conventionnel ne peut pas décrire explicitement Nibbâna. Il doit être expérimenté pour être compris.

Cependant, en bref, Nibbâna est l’absence totale de tout désir et de toute souffrance. Il est atteint par celui qui a éradiqué tous les aspects de l’avidité, de la haine et de l’illusion. C’est un état de félicité et de bonheur permanents par lequel il est mis fin aux renaissances.

Le Bouddha nous a enseigné comment réduire, et éventuellement mettre fin à l’avidité, la haine et l’illusion dans toutes leurs formes variées. Et ceci peut être fait en cultivant les qualités positives de la générosité et de la gentillesse, de la patience et de la compassion, de la moralité et de la sagesse.

Avec la pratique correcte du Bouddhisme, il est ainsi possible pour chacun d’entre nous d’expérimenter la paix et le bonheur de Nibbâna, même dans notre vie présente. Investiguez, examinez et essayez les enseignements du Bouddha pour vous-même!

Pas besoin d’attendre la mort, expérimentez le bonheur et la paix dans cette vie même, le goût du Nibbâna dans cette vie même.

Soyez seulement bon! Le conseil du Bouddha est de faire le bien, éviter le mal, et purifier le Mental.

En des termes pragmatiques de la vie de tous les jours, cela signifie la pratique de Dâna, Sîla et Bhâvanâ.

 

Qu’est-ce que Dâna?

 

Cela signifie simplement « donner » ou faire la charité ou aider les autres. Cela peut être pratiqué de multiples façons différentes. Vous pouvez le faire à travers le discours en utilisant avec les autres des mots encourageants et gentils. Même offrir quelque chose aussi simple qu’un sourire peut aider autrui si cela lui remonte le moral et illumine sa journée.

Vous pouvez également tendre une main à quiconque a besoin d’aide. Vous pouvez proposer volontairement votre aide ou vos ressources aux plus démunis. Vous pouvez également partager les enseignements du Bouddha avec quiconque semblant.intéressé. C’est le don le plus précieux qui soit.

Cependant, essayez de faire tout cela sans regrets, discriminations ou arrière pensées. Pratiquez Dâna avec amabilité, compassion et empathie.

 

Qu’est-ce que Sîla?

 

Cela signifie « Moralité » et le Bouddha nous a conseillés d’observer les cinq préceptes afin de développer Sîla:

  1. S’abstenir de tuer tout être vivant.
  2. S’abstenir de prendre ce qui n’est pas donné.
  3. S’abstenir de mauvaises conduites sexuelles.
  4. S’abstenir de mensonges et de paroles fausses.
  5. S’abstenir de consommations abusives d’intoxicants et de drogues.

Ces préceptes ne sont pas des commandements mais des règles que les Bouddhistes décident d’observer pour eux-mêmes. Ils sont observés non en raison de la peur d’un châtiment mais parce que nous réalisons que de telles actions nous blessent nous-mêmes autant qu’autrui.

Par exemple, étant donné que nous ne souhaitons guère être tués ou blessés, nous réalisons que tous les autres êtres aussi ne souhaitent guère être tués ou blessés. Pareillement étant donné que nous ne souhaitons guère être victimes de vol, d’adultère, de mensonges et de calomnies, nous devrions éviter de faire de telles choses aux autres.

Le Bouddha a également préconisé d’éviter les intoxicants et les drogues. La raison en est qu’une fois que vous êtes tombés sous l’influence de l’alcool ou des drogues illicites, vous êtes capables de commettre des actes que vous n’auriez jamais commis en temps normal.

Si vous vous écartez de ces préceptes, la voie bouddhiste consiste à en être pleinement conscient, à essayer le mieux possible de corriger votre attitude, et ensuite prendre des résolutions fermes pour observer ces préceptes.

La moralité est le fondement sur lequel repose tout le reste. Il est ainsi bon de mémoriser les cinq préceptes de manière à focaliser en pleine conscience notre attention sur eux tout le temps.

Et dès que l’observance des cinq préceptes devient une partie instinctive de votre comportement, le développement de leurs aspects positifs se fera facilement et naturellement: 1. La pratique de la non-violence et de la compassion.

  1. La pratique de la gentillesse et de la générosité.
  2. La pratique de la confiance et de la responsabilité.
  3. La pratique de l’honnêteté et du discours plaisant.
  4. La pratique de la maîtrise de soi et de l’attention en pleine conscience.

 

Qu’est ce que Bhâvanâ?

 

Bhâvanâ signifie la pratique de la « culture mentale » ou simplement la méditation. La méditation peut être conçue comme purifiant l’esprit en l’imprégnant plus aisément de générosité et de compassion, afin qu’ensuite il atteigne finalement la sagesse.

La méditation bouddhique est habituellement classifiée en deux catégories- Vipassanâ ou méditation introspective, et Samatha ou méditation du calme mental. Il existe de nombreuses formes de méditations Samatha ; Metta ( l’ amour bienveillant ) est l’une de ces formes les plus pratiquées. Toutes ces formes de méditations ont leurs bénéfices propres.

Cependant, il est habituellement conçu que c’est par la pratique de Vipassanâ ( la méditation introspective ) seule que nous arrivons à nous connaître nous-mêmes pleinement. Et par tout ceci nous serons capables de mieux réaliser et comprendre les enseignements du Bouddha ainsi que de voir les choses telles qu’elles sont réellement.

La méditation peut être considérée comme la forme la plus élevée de pratique bouddhique car le Bouddha lui-même a atteint l’illumination par la méditation.

Nous n’avons guère besoin de sessions de méditation longues pour débuter. Même une session courte de 10 ou 20 minutes (chaque jour de préférence) réalisera des merveilles. Avons-nous besoin de vénérer le Bouddha, d’aller au temple régulièrement ou de faire des offrandes ou des sacrifices?

Les Bouddhistes ne vénèrent pas le Bouddha. Nous le considérons comme notre précepteur et ainsi nous le respectons en tant que tel. Quand les Bouddhistes se prosternent devant une statue de Bouddha, c’est seulement une simple façon de montrer du respect. C’est apparenté au fait de saluer le drapeau d’un pays ou de se tenir debout quand un hymne national est entonné.

Il n’y a également pas de besoin strict de se rendre au temple régulièrement. De nombreux Bouddhistes, de toute façon, le font pour rencontrer d’autres Bouddhistes ou pour apprendre plus de choses au sujet des enseignements. Il n’y a ,de plus, aucune nécessité impérieuse de faire des offrandes, et les Bouddhistes ne font certainement aucun sacrifice de quelque nature que ce soit!

Le Bouddha a dit que la meilleure manière de le respecter est de pratiquer ce qu’il a enseigné. Cela signifie une pratique constante et en pleine conscience, opposée au fait de se rendre au temple une fois par semaine, et d’adopter des mauvaises attitudes de vie le reste du temps. Quelle est la signification des offrandes bouddhiques?

Traditionnellement, les bâtonnets d’encens, les bougies, et les fleurs sont les offrandes les plus répandues. Les Bouddhistes avertis sauront que ces articles ne sont pas vraiment des « offrandes » mais sont en fait des rappels symboliques.

Par exemple, les bâtonnets d’encens symbolisent, par la « senteur » diffusée, les enseignements du Bouddha qui se répandent de par le monde. Les bougies représentent ses enseignements qui illuminent notre sentier dans les ténèbres. Et les fleurs nous rappellent que nos vies sont impermanentes pareillement aux fleurs que nous  « offrons ».

Les fleurs quand elles sont écloses sont belles et sentent bon, mais elles se faneront et se flétriront après quelques jours à peine. Similairement, chacun d’entre nous vieillira et mourra. Par conséquent les fleurs nous rappellent que nous devrions consacrer autant de temps que possible à faire du bien à autrui, et pratiquer les enseignements du Bouddha.

 

Donc au fond qu’est ce que le kamma?

 

Kamma littéralement signifie « action intentionnelle », et ce terme se réfère au principe de cause et d’effet. Nous croyons que chaque acte intentionnel donnera lieu à un résultat correspondant, que ce soit dans cette vie ou dans une vie future.

Ainsi les résultats du kamma ne devraient pas être conçus comme des récompenses ou des punitions pour les actes commis, mais simplement comme les résultats de telles actions intentionnelles.

Les actions positives donneront lieu éventuellement à des conséquences positives, et les actions négatives donneront éventuellement lieu à des conséquences négatives. Utilisant un exemple ordinaire de la loi de cause à effet faisant appel au bon sens, prenez par exemple une personne qui fume, boit et mange excessivement sans faire aucun exercice quotidien. Comme résultat de ses actions, cette personne sera susceptible d’avoir une attaque ou une maladie du cœur et au final d’expérimenter une grande souffrance. En second lieu, une personne qui a pour habitude de prendre soin de son alimentation et de son corps passera généralement une vie en bonne santé, même dans ses vieux jours.

Par conséquent, une personne qui a fait beaucoup de bien et qui a ainsi accumulé beaucoup de kamma positif sera susceptible de vivre une vie heureuse et de naître dans un plan humain ou céleste dans sa prochaine renaissance. Inversement, quelqu’un qui a commis beaucoup d’actions négatives et accumulé beaucoup de kamma négatif risque de vivre une vie accablée de difficultés pour ensuite renaître dans un monde inférieur.

Le kamma peut aussi être perçu tel des graines. Vous avez le choix des graines que vous souhaitez faire pousser. Par conséquent plantez autant de graines que vous pouvez.

 

L’importance du kamma:

 

Le kamma est la seule chose que nous possédons réellement, et que nous emportons avec nous vie après vie.

Chaque acte intentionnel commis avec le corps, la parole et la pensée s’apparente à une graine qui a été plantée et qui germera quand les conditions seront favorables.

Ainsi vous récoltez ce que vous semez.

Que faire si nous avons fait beaucoup de choses mauvaises? Pouvons-nous demander au Bouddha de nous pardonner?

Le Bouddha est considéré comme notre professeur et non comme quelqu’un que nous prions afin d’être pardonnés. Les Bouddhistes ne croient pas en des agents externes desquels nous obtenons le pardon ou que nous vénérons pour atteindre le salut.

Si les Bouddhistes devaient demander pardon, ce serait à la personne qu’ils ont offensée et non à une tiers personne ou agent externe. S’il n’était pas possible de se faire pardonner par la personne que nous avons offensée ou de faire réparation, nous devrions alors laisser les choses suivre leurs cours, en tirer un enseignement et nous pardonner à nous-mêmes, à condition bien sûr que nous soyons sincères à ce sujet.

Le Bouddha nous enseigne que nous sommes tous responsables de nos actions propres, et que nous sommes tous capables de forger nos destinées. Nous devrions ainsi considérer les choses avec prudence avant de commettre le moindre mal, et essayer plutôt d’agir correctement tout le temps.

Si vous n’êtes pas sûr qu’une action est bonne ou mauvaise, vous pouvez simplement appliquer cette règle enseignée par le Bouddha: si l’action blesse que ce soit vous-même ou autrui, ou les deux à la fois; alors évitez de commettre cette action. Si ce n’est pas le cas, alors commettez-la sans hésiter.

Abraham Lincoln : « Quand je fais du bien, je me sens bien.

Quand je fais du mal, je me sens mal.

C’est ma religion. »

Que donc pouvons-nous faire pour vaincre le kamma négatif accumulé par le biais de tout acte mauvais que nous avons commis ?

Conformément à la loi de cause à effet, le kamma négatif ne peut simplement être effacé par du kamma positif. Tout acte commis intentionnellement aura ses conséquences dans un futur ou proche ou bien éloigné.

Le Bouddha a utilisé l’analogie du sel dans la rivière pour nous conseiller sur les méthodes à employer pour diminuer les effets du kamma négatif. Il dit que tandis qu’une cuillère à soupe de sel versée dans une tasse rendra l’eau très salée alors que cette même quantité de sel n’aura pratiquement aucun effet sur le goût de l’eau si elle est versée dans une rivière.

Mettez et diluez simplement tous les kamma négatifs que vous avez accumulés en accumulant plus de kamma positifs.

Et le kamma positif est accumulé par la pratique de Dâna, Sîla et Bhâvanâ.

Le Bouddha a déclaré :

«Ne déconsidérez point le mérite en disant cela ne m’arrivera pas.

Par chaque goutte d’eau la carafe d’eau est remplie.

Pareillement le Sage en accumulant petit à petit,

Se remplit lui-même de Bien.

 

LE BOUDDHISME DE BASE

 

Le Bouddha

 

Gautama Siddhattha naquit dans une famille d’un clan royal il y a environ 2500 ans. Son père était le souverain d’un clan qui régnait sur un territoire du Nord de l’Inde près de la frontière du Népal actuel. En tant que fils unique de ce roi, il menait une vie aisée et luxueuse entouré de richesses et de femmes. Cependant, même dans sa jeunesse il se rendit compte qu’il ne tirerait aucune satisfaction durable d’un tel style de vie.

Il commença à percevoir la vie humaine comme inévitablement sujette à la maladie, la vieillesse et la mort. A l’âge de 29 ans, et inspiré par la vision d’un ermite à l’expression noble et apaisée, il décida de renoncer à son style de vie luxueux. Il quitta sa femme et son enfant les laissant entre les mains de la famille royale afin de chercher les conditions d’un bonheur durable. Après six ans d’errances et de pratiques ascétiques sévères, il réalisa que ni un mode de vie décadent ni une ascèse extrême ne lui apporteraient les réponses qu’il cherchait.

Il décida de poursuivre la « Voie du Milieu » située entre ces deux extrêmes. Il s’assit sous l’arbre de la Bodhi, se détendit, prit un bon repas et prit la résolution de ne pas se relever de sa méditation assise tant qu’il n’aurait pas trouvé les réponses à ses questions. Après une nuit de profonde méditation, la pleine compréhension s’éveilla en lui. Depuis ce jour, le Prince fut connu sous le nom de Bouddha, ce qui signifie littéralement l’ « Éveillé ».

Le Bouddha passa ensuite les 45 années suivantes de sa vie à enseigner ce qu’il avait finalement réussi à comprendre. Il fonda la communauté des moines connue sous le nom de Sangha, et le Bouddhisme se répandit en Inde du Nord. Des rois, des nobles, des marchands et des paysans devinrent ses disciples et adeptes, et même de nos jours d’innombrables personnes partout dans le monde bénéficient de ses enseignements.

Il s’éteignit paisiblement en Nibbâna complet à l’âge de 80 ans.

 

Les Quatre Nobles Vérités

 

En atteignant l’illumination, le Bouddha réalisa les Quatre Nobles Vérités.

Tous les êtres sont assujettis à Dukkha.

Dukkha est habituellement traduit par souffrance mais en fait ce terme englobe une grande diversité de sentiments négatifs incluant le stress, l’insatisfaction et la souffrance physique. Dukkha existe car tous les êtres sont sujets à la maladie, affectés par la séparation des êtres chers, frustrés du fait de ne pas satisfaire leurs désirs et enfin soumis à la vieillesse et à la mort.

Dukkha est dûe au désir et à l’envie impérieuse. Tous les êtres ont soif de sensations plaisantes et désirent aussi éviter les sensations déplaisantes. Ces sensations peuvent être physiques ou psychologiques, et Dukkha apparaît quand ces désirs et ces envies impérieuses ne sont pas satisfaits.

Dukkha peut être vaincue par l’élimination du désir et de l’envie impérieuse. Nibbâna est un état de paix où toutes avidités, haines et illusions, et par là même Dukkha, ont été éradiquées. Il existe une voie hors de Dukkha, qui est le Noble Sentier Octuple. Dukkha peut être réduite, affaiblie et finalement éradiquée, et Nibbâna peut alors être réalisé en suivant ce sentier enseigné par Bouddha.

Le Bouddhisme est critiqué de temps à autre parce qu’il est perçu comme étant pessimiste car il semble se focaliser uniquement sur la souffrance au lieu du bonheur et de la joie. De toute façon, toutes les conditions du bonheur et de la joie sont impermanentes car tous les êtres sont assujettis à la maladie, la vieillesse et la mort, donc invariablement à Dukkha.

Au lieu de cela, le Bouddhisme est en fait réaliste car le Bouddha nous a enseignés comment vaincre ou réduire Dukkha, et comment réaliser la béatitude permanente de Nibbâna. En suivant le Noble Sentier Octuple enseigné par Bouddha, Nibbâna peut être expérimenté même dans cette vie présente.

 

Le Noble Sentier Octuple

 

La compréhension juste

Comprendre et accepter les Quatre Nobles Vérités.

 

La pensée juste

Cultiver des pensées de générosité, d’amour bienveillant et de compassion.

La parole juste

Éviter de mentir, de calomnier, éviter les mots durs et les ragots. Cultiver un discours véridique, paisible, aimable et doué de sens pertinent.

 

L’action juste

S’abstenir de tuer, voler et de mauvaise conduite sexuelle. Cultiver la non-violence, l’honnêteté et la fidélité.

 

Le mode d’existence juste

Éviter les professions impliquant des tueries (d’hommes ou d’animaux), la vente de viande animale, les trafics d’êtres humains, d’armes, de poisons et d’intoxicants. Les professions dénuées d’éthique, immorales et illégales devraient aussi être évitées.

 

L’effort juste

Appliquer une discipline mentale afin d’empêcher les pensées malsaines d’apparaître, et dissiper les pensées malsaines déjà apparues. Développer des pensées saines, et maintenir les pensées saines déjà apparues.

 

L’attention juste

Être pleinement conscient du corps, des postures corporelles et des sensations. Être conscient de l’esprit et des pensées, des émotions et des sentiments. Être conscient des dhamma (phénomènes).

 

La concentration juste

Pratiquer la méditation afin d’entraîner le mental à se concentrer et à se discipliner afin de cultiver et d’acquérir la sagesse.

 

Les trois caractéristiques de l’existence

Le Bouddha a aussi découvert que la totalité de l’existence est dotée de trois caractéristiques.

 

Anicca

Toutes les choses sont impermanentes, et chaque phénomène est soumis au processus du changement et de la transformation en quelque chose d’autre. Par exemple, nous sommes tous soumis au processus de la vieillesse. Même les étoiles et les galaxies subissent le processus du changement.

 

Dukkha

Parce que toutes les choses sont impermanentes, l’existence est sujette à Dukkha. Il y aura toujours l’envie impérieuse de ce qui est plaisant, et l’aversion envers ce qui est déplaisant, résultant du caractère toujours changeant de l’existence.

 

Anatta

Il n’y a pas de Soi immuable et permanent. Le « Soi » dont nous sommes conditionnés à croire qu’il existe ne comprend en fait rien de plus que des constituants mentaux et physiques, qui sont en perpétuel changement en raison de la causalité.

 

La renaissance

Parce qu’il n’y a pas de Soi permanent et immuable, le Bouddhisme nie l’existence d’une âme immortelle immuable qui transmigre d’une vie à l’autre.

Conformément au Bouddhisme, l’esprit ou la conscience se meut d’une vie à l’autre. D’une manière paradoxale, une personne âgée de 71 ans n’est ni différente, ni semblable à la personne qu’elle était quand elle avait 20 ans. Cette différence et cette similarité sont à la fois physique et psychologique. Pareillement, l’esprit ou la conscience qui transmigre d’une vie à l’autre ne sont également ni différents ni similaires à ceux de l’existence précédente. Le Bouddha a aussi découvert que toute l’existence est dotée de trois caractéristiques.

Par exemple, si la flamme d’une bougie est utilisée pour allumer une autre bougie, la flamme de la seconde bougie n’est ni la même, ni différente de la flamme de la première bougie. Il en est ainsi même si la flamme de la deuxième bougie tire sa source de la première bougie.

Le Kamma est transporté avec la conscience jusqu’à la vie prochaine.

En premier lieu ces concepts apparaissent difficiles à saisir. Mais avec la connaissance et la compréhension, et la pratique de la méditation introspective, la réalisation et la compréhension apparaîtront éventuellement dans l’esprit du pratiquant.

 

Les textes bouddhiques

Les enseignements du Bouddha, connus aussi sous le nom de Dhamma, furent rassemblés en trois ensembles séparés de livres. Ces livres sont collectivement connus sous le nom de Tipitaka, ou les trois corbeilles. La somme totale de matériel est vaste et est estimée à contenir le double du contenu de l’Encyclopaedia Britannica.

Bien que des changements et des révisions dans le Tipitaka soient inévitables pendant les 2500 ans de son existence, nous pouvons estimer que jusqu’à 90 % des enseignements demeurent inaltérés. La raison en est que quand il fut récité, il le fut par plusieurs centaines de moines qui le récitèrent en même temps. Quand il fut finalement mis par écrit aux environs de l’an 80 avant J.C., des groupes nombreux de moines entreprirent cette tache à l’unisson. Cela rendit toute tentative de changement ou d’altération du Tipitaka très difficile. Des reproductions des textes originaux ont survécu jusqu’à nos jours et sont bien conservés au Sri Lanka.

 

Le Sutta Pitaka

Subdivisé en cinq collations séparées, le Sutta Pitaka contient tous les sermons du Bouddha aussi bien que plusieurs autres discours prononcés par ses disciples ayant le plus d’ancienneté. Le Bouddha rencontra beaucoup de succès dans la diffusion de ses enseignements car il utilisait le langage du petit peuple, qui est appelé Pali.

Il adapta la manière et le style de ses discours de sorte qu’il utilisa de simples concepts pour le commun des mortels, et des idées plus complexes pour les audiences cultivées et plus intellectuelles. Il enseigna à tous du paysan jusqu’aux rois.

Les Enseignements vont de directives s’appliquant au comportement individuel jusqu’aux commentaires ultrasophistiqués sur la politique et la philosophie sociale. Ils sont pragmatiques et peuvent être appliqués volontiers dans la vie de tous les jours. Et bien qu’ils aient été transmis il y a plus de 2500 ans, leurs enseignements sont toujours aussi pertinents de nos jours.

 

Le Vinaya Pitaka

Aussi divisé en cinq livres, le Vinaya Pitaka établit les règles et les directives pour le Sangha ou la communauté des moines et des nonnes. Avec chaque moine et chaque nonne jouissant d’une égalité de droits, le Sangha est probablement la plus ancienne forme d’organisation régie par des principes démocratiques et qui subsiste encore de nos jours.

 

L’Abhidhamma Pitaka

Connus comme les enseignements les plus profonds du Bouddha, l’Abhidhamma Pitaka constitue une approche monumentale, sophistiquée et extrêmement complexe du Dhamma. Il contient des doctrines bouddhiques arrangées et classifiées dans un ensemble éminemment systématique de sept livres.

Bien que traditionnellement attribué au Bouddha, de nombreux commentateurs considèrent désormais l’Abhidhamma comme le fruit du travail de moines scolastiques ultérieurs qui ont diffusé les enseignements du Bouddha dans cette collation stupéfiante de documents.

Il se rapporte aux concepts d’existence et de réalité. Il analyse le processus de la pensée humaine et examine les constituants de l’esprit et de la matière. Nombre de ses concepts se rapportant à la réalité et à la perception ont anticipé les travaux de penseurs modernes et d’hommes de science.

 

Les traditions bouddhiques

 

Pourquoi existe-t-il des traditions bouddhiques différentes ?

Le Bouddhisme fut fondé il y a plus de 2500 ans, et au long de cette période très longue, trois traditions principales se sont développées. Ces développements se produisirent car le Bouddhisme s’adapta aux conditions et cultures des divers pays où il se répandit.

Cependant, les enseignements du Bouddha nous ont prouvé leur résistance car bien que les signes extérieurs soient dissemblables, le cœur de la doctrine bouddhique demeure identique parmi les traditions diverses. Par exemple, l’acceptation du cœur des doctrines, ou « points de concordances » entre les différentes traditions fut formellement approuvée par le Conseil Mondial du Sangha Bouddhique qui fut tenu au Sri Lanka en 1966.

Les Bouddhistes acceptent et respectent la diversité et considèrent les diverses traditions simplement comme des routes diverses vers une unique destination. Généralement, les diverses traditions s’assistent et se soutiennent mutuellement le long de ce sentier. Brièvement, que sont ces diverses traditions bouddhiques ?

 

La tradition Theravâda est la plus ancienne et la plus conservatrice. C’est celle qui est la plus proche de la forme du Bouddhisme originel tel que le Bouddha l’enseigna lui-même. Elle est plus simple que les autres traditions du point de vue de l’approche, avec peu de cérémonies et de rituels, mettant plutôt l’accent sur la discipline et la moralité ainsi que la pratique de la méditation.

 

La tradition Mahâyâna a commencé à se développer en Inde entre l’an 200 avant J.C. et 100 après J.C. Elle s’est adaptée aux diverses cultures asiatiques en absorbant des éléments de l’Hindouisme et du Taoïsme. Le Bouddhisme Mahâyâna se focalise sur la compassion et la foi aux fins d’aider les autres à atteindre l’illumination. Le Zen, le Nichiren et les sectes de la Terre Pure sont inclus dans le Bouddhisme Mahâyâna.

 

Le Vajrayâna ou la tradition tibétaine émergea en Inde aux environs de l’an 700 après J.C., quand des moines bouddhistes indiens diffusèrent au Tibet une partie des enseignements bouddhiques mélangés à des pratiques tantriques. Le tout fusionna avec des éléments de la religion autochtone Bon, en conférant au Vajrayâna des pratiques qui lui sont uniques.

Il tend à faire plus confiance aux rituels, l’entonnement de mantras et aux visualisations. La figure la plus célèbre du Bouddhisme, le Dalaï Lama, est le chef spirituel du Bouddhisme Vajrayâna.

Dans le Bouddhisme, les diverses traditions sont conçues comme les divers parfums des crèmes glacées. C’est sur le fond la même chose mais avec des goûts différents plaisant à divers styles de personnes.

Pourquoi les mêmes mots sont-ils épelés différemment dans les diverses traditions bouddhiques ?

A l’époque du Bouddha, le langage communément utilisé était le Pali, opposé qu’il fut au Sanscrit, ce dernier étant utilisé principalement par les Brahmanes, les prêtres de l’Hindouisme. Le Bouddha choisit de parler et d’enseigner principalement en Pali car il voulait que le plus grand nombre possible de gens puissent apprendre et bénéficier de ses enseignements.

L’école du Bouddhisme Theravâda utilise des prononciations et des épellations Pali, et le Bouddhisme Mahâyâna utilisent principalement le Sanscrit. Des exemples d’épellations Pali sont Dhamma, Kamma et Nibbâna. Les homologues sanscrits de ces termes sont Dharma, Karma et Nirvâna.

Ce livret utilise les épellations Pali car le Pali est la langue la plus proche de celle utilisée par le Bouddha lui-même. Plus de questions… et des réponses

 

Kamma, la renaissance, et les inégalités de la vie

 

Le Bouddhisme et la science moderne

 

Le Bouddhisme et les mythes de la création

 

La méditation et les esprits démoniaques

 

Gays et lesbiennes

 

Fumer et le Bouddhisme

 

L’ambition et le contentement

 

Le végétarisme, les moines et la limitation de consommation de la viande

 

Les différents plans d’existence

 

Les hommes et femmes Bouddhistes célèbres

 

Le Kamma, la renaissance et les inégalités de la vie

Le Kamma nous explique-t-il pourquoi il y a tant d’inégalités dans la vie et autour de nous ? Les peuples se sont toujours interrogés au sujet de la justice de la vie, et pourquoi tous les êtres ne naissaient pas égaux.

Des questions ont toujours été posées au sujet du fait qu’une personne était en si bonne santé, tandis qu’une autre naissait avec tant d’affections physiques. Pourquoi une personne naît dans une famille très prospère, tandis qu’une autre naît dans une pauvreté quasi abjecte. Pourquoi une personne est-elle capable de jouir d’une vie longue et heureuse tandis qu’une autre verra la durée de sa vie raccourcie par suite de violence ou d’un accident.

Les Bouddhistes ne croient pas que toutes ces inégalités sont dues au hasard, ni à la volonté inexplicable d’un être céleste invisible et omnipotent. Nous croyons que le Kamma , en tant que loi de cause à effet , explique toutes ces différences dans la vie des êtres.

Si nous ne pouvons pas nous souvenir des évènements de nos vies antérieures, est-il donc juste de souffrir dans cette vie pour ce qui a été accompli dans une vie précédente ?

Gardez à l’esprit le fait que le Kamma ne consiste pas en un système de récompenses et de punitions. C’est simplement un principe naturel selon lequel chaque acte intentionnel aura son résultat correspondant, quand les conditions seront remplies.

Prenez par exemple une personne qui est ivre, et qui ensuite trébuche et tombe dans un fossé. Elle se casse la jambe. Cette personne n’aura peut-être aucun souvenir d’être tombée et de s’être blessée, mais elle est quand même sujette au résultat douloureux de ses actions.

Tel que mentionné précédemment, le Kamma peut aussi être apparenté à la plantation de graines. Si vous plantez une graine de pommier, un pommier poussera. Si vous plantez une graine de chêne, un chêne poussera. C’est juste le principe de la causalité.

Ainsi, la justice et la mémoire ne sont pas des facteurs pour le Kamma et cela s’applique également à tous les êtres venus à l’existence.

S’il y a une renaissance, pourquoi donc les personnes ne se souviennent pas de leurs vies passées ? La mémoire des vies antérieures siège profondément dans l’esprit subconscient. En général nous sommes incapables d’accéder à ces mémoires parce que nos esprits ne sont pas clairs et suffisamment disciplinés. Par exemple, très peu parmi nous sont capables de se remémorer ce qu’ils ont fait le jour même ou bien il y a un mois ! Cependant, des recherches ont révélé que de jeunes enfants dont les esprits sont raisonnablement clairs, seraient capables de se souvenir spontanément de leurs vies passées.

Les psychanalystes occidentaux utilisent désormais des méthodes de régression hypnotique pour soulager les patients de leurs problèmes psychologiques, et certains de ces patients semblent capables de se remémorer leurs vies passées grâce à une telle thérapie. Les moines ayant un mental très discipliné et qui sont capables d’entrer dans des états de méditation très profonds sont aussi supposés se souvenir de leurs vies antérieures.

Si nous ne savons rien au sujet de notre vie future, alors pourquoi s’en inquiéter ?

Cela serait adopter une attitude légèrement égoïste. Cela serait similaire à l’attitude de parents irresponsables qui vont dépenser tout ce qu’ils ont en ne laissant rien à leurs enfants. Ils ne sauront pas non plus , pour sûr, ce qui arrivera à leurs enfants. Les parents responsables feront tout ce qu’ils pourront pour assurer le meilleur à leur progéniture qu’ils soient présents pour assister au résultat ou non. Nous devrions adopter une approche similaire pour l’être de la vie suivante.

De toute façon, il est dit dans les textes bouddhiques que des êtres célestes, au même titre que des êtres nés dans des mondes inférieurs sont en fait capables de se remémorer leurs vies antérieures. Certains de ces êtres ont décrit les actes qui ont porté leurs fruits et ainsi conditionné leur renaissance. Il existe ainsi des motivations pour donner le meilleur de nous-mêmes dans cette vie.

Dans tous les cas, en tant que Bouddhistes, nous devrions agir au mieux dans cette vie, que nous en récoltions ou non les fruits dans une vie future. Il existe un dicton plein de sens dans le Bouddhisme qui appelle à la réflexion :

« Si vous voulez connaître le style de vie que vous avez expérimenté dans votre vie passée, regardez votre vie présente. Si vous voulez connaître le style de vie que vous aurez dans votre vie prochaine, regardez votre vie actuelle. »

Existe-t-il une preuve scientifique de la renaissance ?

Il existe en fait de nombreux cas bien investigués et bien documentés de personnes, incluant de nombreux enfants, qui se souviennent de leurs vies passées. S’il existe d’innombrables exemples de preuves anecdotiques de ce phénomène en Orient, des études dans ce domaine ont également été effectuées par de nombreux chercheurs occidentaux.

Cette recherche fut faite à la fois sur des sujets asiatiques et occidentaux et eut lieu sous certaines conditions scientifiques et lors d’examens rigoureux. La conclusion qui en a été la résultante est que la renaissance est un phénomène attestable et prouvé.

Par exemple, Carol Bowman a écrit des livres sur les enfants qui sont capables de se souvenir de leurs vies passées. Ce ne sont pas des livres spirituels ou religieux, mais ce sont des études de cas bien documentées et basées sur l’observation et la recherche empiriques effectuées sur des centaines d’enfants.

Le professeur Ian Stevenson était un éminent psychiatre et Directeur du Département des Etudes sur la Perception à l’université de Virginie aux USA. Les publications du Professeur Stevenson, qui sont destinées en premier à la communauté scientifique et académique, fournissent des détails sur 3000 cas étudiés de personnes qui pouvaient se remémorer leurs vies antérieures.

D’autres chercheurs célèbres, honorables et ayant autorité sur le sujet sont le Dr. Jim Tucker, le Dr. Raymond Moody et Thomas Shroder.

Henry Ford : « Le travail est inutile si nous ne pouvons pas utiliser notre expérience dans une autre vie. »

« Le génie est le fruit d’une longue expérience acquise au cours de nombreuses vies.

De ceci je suis certain, nous sommes ici avec un but. Nous poursuivrons notre chemin. L’esprit et la mémoire, ils sont éternels. »

 

Le Bouddhisme et la science moderne

Le Bouddhisme est-il en conflit avec la science moderne ?

Parmi toutes les religions majeures du monde, les enseignements bouddhiques ne rentrent pas en conflits significatifs ou majeurs avec les découvertes de la science moderne. Ils sont sans mythes de la création, et ils ne cherchent pas non plus à attribuer aux phénomènes naturels des causes surnaturelles.

Ils souscrivent pleinement à la théorie de l’évolution qui démontre de façon tout à fait claire la doctrine bouddhique de l’impermanence. Ainsi, ils ne rencontrent aucune difficulté face à l’existence de restes de fossiles, la datation au carbone et les preuves géologiques avec lesquelles la science moderne s’applique à dater l’âge de la terre qui gravite autour de 4,5 milliards d’années. Ces découvertes en fait confirment les commentaires du Bouddha concernant le fait que la terre a existé pendant des éons.

Le Bouddha avait dit spécifiquement qu’il existe d’innombrables systèmes d’étoiles, et que notre monde est semblable à un grain de poussière en comparaison avec la grandeur et la diversité de l’univers. Il n’a pas affirmé que la terre était créée par une divinité invisible ou que les humains étaient une création spéciale de cette déité.

Utilisant l’astronomie moderne, les satellites et les radios télescopes, nous pouvons observer les milliards d’étoiles et de galaxies existant dans l’univers ; et voir clairement que le Bouddha a fait une observation très pertinente de notre place dans le cosmos.

La conception du temps du Bouddha, dans le contexte de l’univers, semble profondément en harmonie avec la science moderne. Le Bouddhisme mesure l’échelle du temps de l’univers en « kalpa », qui sont des périodes de temps d’une grandeur inconcevable. Il utilisa l’analogie de la toile de soie brossant le sommet de la montagne une fois tous les cent ans. Le temps que cela prend pour la montagne pour être réduite en poudre correspond approximativement à la durée d’un kalpa. Par conséquent la cosmologie bouddhique est tout à fait en harmonie avec les estimations scientifiques actuelles de l’âge de l’univers, qui est d’environ 13,7 milliards d’années.

Aussi de manière très intéressante, le Bouddha a mentionné que l’univers traverse des phases constantes d’expansion et de contraction et que ces cycles durent des périodes de temps incommensurablement longues, ou pendant de nombreux kalpa. Il semble qu’il ait anticipé la théorie vibratoire de l’univers il y a plus de 2500 ans.

Dans un de ses discours, le Bouddha souleva une tasse d’eau et dit qu’il existe un nombre incalculable d’êtres vivants dans l’eau. Pendant longtemps, personne ne comprit ce qu’il voulait dire par là mais aujourd’hui nous pouvons observer au microscope qu’il existe en fait de nombreux micro-organismes dans n’importe quelle tasse d’eau. Ainsi, il y aurait encore de nombreuses choses que le Bouddha affirma et que nous devrions encore découvrir et comprendre.

William Shakespeare, dans « Hamlet » :

« Il existe plus de choses au ciel et sur la terre, Horatio, Que celles qui sont rêvées dans votre philosophie. »

 

 

Le Bouddhisme et les mythes de la création

Dans le Bouddhisme, pourquoi n’y a-t-il pas de croyance en un dieu suprême qui a crée l’univers ? Les Bouddhistes ont tendance à être assez réalistes à ce sujet et ils ne croient pas en des mythes de création tels que l’univers émergeant d’un œuf cosmique ou crée par un vieil homme à la longue barbe blanche. S’il y a quelque chose en lequel nous croyons, c’est que l’univers a toujours existé.

S’il est dit qu’un être omnipotent ou « concepteur intelligent » a crée l’univers, alors la question évidente se pose pour savoir qui a crée ou « conçu » un tel être ? Et si cet être a toujours existé, alors ne serait-il pas plus crédible de dire que l’univers a toujours existé ? Dans tous les cas, les Bouddhistes ne croient certainement en un tel être omniscient et tout puissant qui, pour quelques raisons que ce soit, autorise ses créations à être torturées dans un enfer éternel (que cet être a également crée). Et si cet être omniscient savait à priori que la plupart de ses créations étaient destinées à brûler en enfer pour toujours, alors pourquoi continue-t-il à produire autant de souffrance ? Il est difficile aussi pour les bouddhistes de croire en un tel être suprême qui d’une certaine façon réussit à être aimant et pardonnant, tandis qu’il est en même temps vengeur, injuste, sans pitié et sadique.

Le Bouddha nous a conseillés de ne pas nous sentir concernés par de telles spéculations, car ces spéculations sont improductives au final. Il raconte l’histoire d’un homme qui, transpercé par une flèche empoisonnée, ne voulait pas extraire la flèche tant qu’il ne saurait pas qui l’avait décochée, pourquoi on lui avait tiré dessus, et quel genre de poison il y avait sur la flèche. De la même manière que le travail du docteur consiste à extraire la flèche empoisonnée et de traiter la plaie, et de ne pas répondre aux questions inopportunes de l‘homme ; c’est le rôle du Bouddha de nous montrer comment nous libérer de la souffrance et de ne pas répondre à de telles questions spéculatives. Ainsi, il dit que nous devrions nous focaliser sur ce qui est réellement important, qui est notre pratique du Bouddhisme.

Donc le Bouddhisme ne menace pas les incroyants de châtiments éternels en enfer ? Certainement pas ! De telles menaces ont pu être utilisées dans des temps anciens afin de garder les gens sur le droit chemin et employées en conjonction avec la promesse de récompenses dans le ciel. Ce type d’approche était adopté afin de faire en sorte que les personnes s’unissent en groupes religieux particuliers, avec des menaces de châtiments éternels et l’assurance de récompenses.

Les Bouddhistes n’acceptent pas ce concept d’une divinité jalouse qui punit ses créations parce que ces dernières ont choisi une religion différente. Pratiquement toutes les nations civilisées respectent et garantissent la liberté de pensée et de pratique religieuses, telle que stipulée dans la charte des nations unies (Article 18). La torture de surcroît est bannie par toutes les nations civilisées de la terre. Donc comment un dieu qui a supposément crée chacun d’entre nous peut se montrer si peu civilisé ? Ainsi les Bouddhistes trouvent de telles menaces de torture éternelle en enfer vraiment diffciles à accepter.

Par exemple, quelle sorte d’être enverra ou permettra à un autre être de brûler dans un enfer embrasé pour toujours ? Prenez par exemple une simple allumette qui brûle. Tenez-la simplement sous la paume de votre main. Pouvez vous tolérer la douleur même pendant quelques secondes ? Pouvez-vous maintenir cette allumette sous la paume de quelqu’un juste pendant une minute en regardant cette personne hurler d’agonie ? Pouvez-vous faire subir cela à quelqu’un pour l’éternité ? Une telle méchanceté dépasse l’imagination.

De surcroît, si c’est dans votre pouvoir de mettre fin à une telle souffrance intense et sans fin, ne le feriez-vous pas ? N’importe quelle être sain et rationnel n’agirait-il pas ainsi ? Il ne peut jamais y avoir de justification pour une cruauté aussi impitoyable, quelles qu’en soient les causes et les circonstances.

Le Bouddha n’a jamais formulé de menaces, ou essayé de forcer quiconque à accepter ses enseignements. Il croyait en la liberté de pensée. Il reconnaissait que tout le monde n’était pas destiné à accepter ses enseignements, que les êtres progressaient différemment et qu’ils choisiraient pour eux-mêmes des sentiers différents. Il préférait expliquer ses enseignements d’une manière logique et raisonnable, et il voulait que les êtres comprennent et réalisent les enseignements par eux-mêmes sans peur d’une punition venant de lui.

Le Bouddhisme ne consiste pas en des menaces et des récompenses, mais en la connaissance et la compréhension.

Albert Einstein :

« Le Bouddhisme a la caractéristique de ce qui pourrait être espéré d’une religion cosmique pour le futur : il transcende un dieu personnel, évite les dogmes et la théologie ; il comprend à la fois le naturel et le spirituel, et il se base sur un sens religieux né de l’expérience de toutes choses, qu’elles soient naturelles ou spirituelles, en tant qu’unité profonde. S’il existait une religion compatible avec les besoins de la science moderne, ce serait le Bouddhisme. »

 

Méditation et esprits démoniaques

Est-ce que la méditation permet aux démons ou esprits démoniaques de pénétrer et posséder l’esprit ?

La méditation a été pratiquée sous des formes bien différentes, et au sein de cultures très différentes pendant des milliers d’années. Elle est enseignée et pratiquée de par le monde et elle connaît beaucoup de succès, spécialement dans les pays occidentaux.

De grandes corporations internationales en nombres croissants envoient leur personnel et leurs dirigeants pour des retraites et des leçons. Elles reconnaissent les bénéfices de la méditation tels que l’amélioration de la concentration et la clarté de l’esprit, aussi bien qu’une meilleure gestion du stress, de la douleur, de l’agacement et de la colère.

Les spécialistes en neurosciences de l’université de l’école médicale de Massachusetts, en étudiant les électroencéphalogrammes des gens qui méditent régulièrement, ont démontré qu’ils sont plus paisibles et tranquilles dans leur mental que les personnes qui ne méditent pas. Des chercheurs de l’université de Californie, du centre médical de San Francisco, ont démontré que grâce à la méditation, les Bouddhistes sont plus heureux et plus calmes que la plupart des autres humains !

Certaines personnes nous décourageront de pratiquer la méditation en raison de leurs peurs irrationnelles. Il serait sage de traiter de tels propos comme des superstitions insensées.

 

Les gays et les lesbiennes

Les Gays et les lesbiennes peuvent-ils devenir Bouddhistes ?

L’orientation sexuelle n’a pas une grande importance dans le Bouddhisme. Le Bouddha pourrait demander quel est le meilleur des deux : un gay doué de droiture morale ou un hétérosexuel escroc et malhonnête ? Pour le Bouddha, ce qui importe c’est la moralité et la vertu d’une personne, et si oui ou non cette personne est sur le sentier de l’illumination.

Par conséquent, les gays et les lesbiennes qui mènent une vie vertueuse peuvent très certainement devenir Bouddhistes.

 

Fumer et le Bouddhisme

Fumer va-t-il à l’encontre du Bouddhisme ?

Crûment nous dirions que le Bouddhisme ne considère pas le fait de fumer moralement incorrect.

Cependant, des pratiquants assidus du Bouddhisme qui ont cette habitude généralement tentent de l’abandonner. La raison en est que fumer est une forme sévère de dépendance et cet attachement génère une accoutumance extrême. Aussi, fumer est autant nocif pour soi-même que pour autrui en raison des effets du tabagisme passif. Ainsi si quelque chose est nuisible pour soi-même et aussi pour autrui, cela ne saurait être perçu positivement dans le Bouddhisme.

 

L’ambition et la satisfaction de ce que l’on a.

Le Bouddhisme incite à se contenter de ce que l’on a, mais les gens ont de l’ambition dans leur travail et ils aspirent aussi à une vie meilleure pour leurs familles. Comment ces deux tendances peuvent-elles se réconcilier ?

Bien qu’il soit vrai que le Bouddhisme considère le contentement comme une vertu, il est aussi conscient du fait que chacun pourrait suivre un sentier différent afin d’atteindre un bonheur et une paix intérieure qui lui sont propres.

Dans de tels cas, le Bouddha recommande de suivre la Voie du Milieu.

Ne soyez pas trop ambitieux car vous pourriez faire du mal ou blesser les autres en réalisant vos ambitions. Mais aussi ne vous contentez pas trop de ce que vous avez car votre gagne-pain et votre famille pourraient s’en trouver très affectés.

 

Le végétarisme, les moines et la limitation de la consommation de viande

Les Bouddhistes doivent-ils être absolument végétariens ?

Dans le Bouddhisme, être végétarien ou pas dépend entièrement de l’individu. Ce sur quoi l’on insiste dans le Bouddhisme n’est pas la pureté de l’alimentation mais la pureté de l’esprit. Bien sur, de nombreux Bouddhistes prennent éventuellement conscience de la cruauté qu’induit en nous le fait de manger de la viande, qui n’est rien d’autre que la chair d’animaux sans défenses. Beaucoup de Bouddhistes ont réussi à éliminer l’envie impérieuse et l’attachement au fait de manger de la viande, et sont devenus végétariens de leur propre chef. Cependant, si devenir végétarien ne convient pas ou est trop difficile, alors suivez le sentier avec lequel vous vous sentez confortable. Quoi qu’il en soit, être végétarien au moins une ou deux fois par mois est une bonne voie pour pratiquer la compassion pour tous les êtres vivants, en s’abstenant consciemment de consommer de la viande au moins pendant ce(s) jour(s).

Un livre qui traite extrêmement bien le sujet de la perspective bouddhique d’être végétarien est le livre de Philip Kapleau s’intitulant « Chérissez toute vie ».

 

Pourquoi certains moines mangent-ils de la viande ?

Le Bouddha refusa d’interdire la consommation de viande à ses adeptes. Il avait des raisons très pragmatiques à cela car suffisamment de nourriture végétale n’aurait pas été disponible dans certaines zones d’habitation, ou aurait pu être très rare en temps de sècheresse. Par exemple, la nourriture végétale est extrêmement limitée dans un endroit comme le Tibet.

Les moines survivent grâce aux aumônes et si les aumônes étaient limitées à seulement de la nourriture végétale, ainsi cela pourrait être un grand fardeau pour les laïcs qui soutiennent les moines. Ainsi les moines mangent tout ce qui leur est offert, même si c’est de la viande, à condition que les animaux n’aient pas été tués spécialement pour eux.

De nos jours, en fait, de nombreux moines et temples ont une préférence pour la nourriture végétarienne. Cependant, nous devrions remarquer que la plupart des moines de la tradition Mahâyâna sont strictement végétariens.

Les Bouddhistes végétariens qui mangent de la fausse viande sont-ils hypocrites ? Pourquoi se procurer de la fausse viande ?

La fausse viande est une nourriture végétarienne populaire préparée à partir de gluten, de germes de soja ou de champignons qui imitent l’apparence et le goût de la véritable viande. Les Bouddhistes végétariens sont parfois accusés d’être hypocrites car ils prônent le fait d’éviter la consommation de viande et consomment quand même toutes sortes de cette fausse viande. Les Végétariens généralement ne souhaitent guère manger quelque chose qui résulte de la souffrance et du meurtre d’animaux sans défense. Ainsi, ils ne conçoivent pas la fausse viande comme de la « viande », mais seulement comme quelque chose apportant de la diversité à notre diète.

La fausse viande fut à l’origine créée pour attirer les non végétariens vers la nourriture végétarienne. Par exemple, elle peut être consommée par des mangeurs de viande qui veulent devenir végétariens, car de tels plats assurent une transition plus facile pour devenir totalement végétarien.

Dans tous les cas, manger de la fausse viande est quand même infiniment meilleur que manger de la chair animale.

Le Bouddha a déclaré :

« Tous les êtres aiment la Vie,

Tous les êtres aiment le Bonheur.

Vous appuyant sur vous-même en comparaison,

Vous ne devriez ni blesser ni tuer,

Ou provoquer une blessure ou un meurtre d’un autre être. »

 

Les différents plans d’existence

Quelles sont les différentes sphères d’existence, s’agit-il de lieux réels ?

Traditionnellement, les Bouddhistes reconnaissent six royaumes ou plan d’existence. Ce sont l’enfer, le royaume animal, celui des fantômes affamés, des démons, le monde humain et les plans célestes. Certains de ces royaumes, comme ceux des animaux et des fantômes affamés, empiètent sur le notre.

Il est dit qu’il existe aussi différents « niveaux » dans les plans célestes ou les enfers. Afin d’ouvrir une perspective sur ce sujet, prenez notre monde comme exemple. Il y a actuellement 193 pays dans le monde répartis sur sept continents. Vivre dans un pays en paix avec un climat plaisant est une situation bien différente de vivre dans un pays déchiré par la guerre et ravagé par la faim et les maladies. Il est clair que même dans notre monde, il existe de grandes différences entre les pays !

Ainsi un plan céleste est un « lieu » bien plus agréable que le meilleur pays de notre monde, et un monde infernal est un « lieu » où les conditions de vie sont beaucoup plus dures que n’importe où sur terre. Même les différents « niveaux » au sein de ces royaumes peuvent être comparés aux différents pays existant au sein de chaque continent où les conditions de vie dans certains pays peuvent être « meilleures » ou « pires » que dans d’autres.

Il existe un point de vue alternatif que le Bouddha a soulevé allégoriquement quand il parlait de ces différents plans d’existence. Par exemple, une personne qui souffre de handicaps physiques graves, de graves maladies, ou qui est mentalement dérangée, peut être considérée comme étant « renée » dans un monde infernal. Des gens qui ont des vies faites de privations où leur seule préoccupation est d’essayer de prendre leur prochain repas et de rester en vie, peuvent être considérés comme étant nés dans le royaume animal. Des gens qui ont constamment des désirs brûlants et inassouvis et qui ne sont jamais satisfaits qu’importe ce qu’ils possèdent, peuvent être considérés comme vivant dans le royaume des fantômes affamés. Ceux qui sont particulièrement agressifs et qui se battent constamment pour le pouvoir et les possessions seraient entrés dans le monde des démons. Et les gens qui sont nés avec une grande beauté physique et la fortune peuvent être considérés étant « renés » dans le royaume des cieux. Par exemple, les stars sportives et du cinéma qui ont des millions de fans ou d’admirateurs, sont souvent décrites comme des dieux !

Bien évidemment les plans inférieurs d’existence des enfers, des animaux, des fantômes affamés et des démons sont des lieux de souffrance, et les mondes célestes sont des lieux de plaisir. Cependant, le Bouddha dit que ces plans d’existence ne sont pas des lieux particulièrement favorables à la pratique du Bouddhisme ou pour accumuler du Kamma positif. La raison en est que les êtres des mondes inférieurs expérimentent généralement trop de souffrance, et les êtres célestes sont trop occupés à vaquer à leurs plaisirs.

Par conséquent, en raison du fait que le monde humain contient à la fois le plaisir et la souffrance, il peut être considéré comme le lieu le plus auspicieux pour apprendre et pratiquer les enseignements de Bouddha. Aussi, c’est le monde humain qui offre la plus grande opportunité de faire le bien et accumuler du Kamma positif.

Cependant, le Bouddha a aussi dit que de nombreux êtres célestes pratiquent ses enseignements et sont capables d’atteindre Nibbâna. Il a donc encouragé chacun à s’efforcer d’avoir une bonne renaissance que ce soit dans les plans céleste ou humain. Que ces six royaumes soient réels ou symboliques n’a pas vraiment d’importance. Ce qui importe réellement, c’est de maintenir une pratique afin de se réserver à « soi-même » une bonne renaissance. C’est très important car c’est seulement dans un monde céleste ou dans le monde humain que nous pouvons apprendre et pratiquer les enseignements de Bouddha, et ainsi atteindre Nibbâna.

 

La pratique quotidienne

Salutation, prise de refuge et les cinq préceptes

Il n’existe pas de règles difficiles ou fermes mais une bonne pratique quotidienne consisterait à commencer par montrer ses respects au Bouddha, prendre refuge, et ensuite prendre les cinq préceptes. Vous pouvez faire cela devant une image du Bouddha, mais cela ne fait rien si vous n’en avez pas.

Vous pouvez montrer vos respects au Bouddha et lui exprimer votre gratitude pour ses enseignements en récitant trois fois avec sincérité la salutation traditionnelle :

Hommage à lui, le Bienheureux, le Méritant, le pleinement Eveillé.

Ou en Pali :

« Namo tassa, bhagavato, arahato, samma sambudhassa.”

Traditionnellement, les Bouddhistes s’affirment en tant que tel en récitant la prise de refuge dans le triple joyau du Bouddha, du Dhamma et du Sangha.

Tandis que vous le récitez, cela peut vous permettre de visualiser mentalement le Bouddha en train d’enseigner le Dhamma au Sangha.

Au Bouddha, je vais pour refuge ;

Au Dhamma je vais pour refuge ;

Au Sangha je vais pour refuge.

Pour la deuxième fois, au Bouddha, je vais pour refuge ;

Pour la deuxième fois, au Dhamma je vais pour refuge ;

Pour la deuxième fois, au Sangha je vais pour refuge.

Pour la troisième fois, au Bouddha, je vais pour refuge ;

Pour la troisième fois, au Dhamma je vais pour refuge ;

Pour la troisième fois, au Sangha je vais pour refuge.

Prendre les cinq préceptes consisterait à simplement réciter la formule suivante et à prendre mentalement la résolution d’essayer d’observer ces règles de moralité de base.

  1. J’entreprends d’observer le précepte de m’abstenir de tuer des êtres vivants.
  2. J’entreprends d’observer le précepte de m’abstenir de prendre ce qui n’est pas donné.
  3. J’entreprends d’observer le précepte de m’abstenir de mauvaise conduite sexuelle.
  4. J’entreprends d’observer le précepte de m’abstenir de mensonges et de paroles fausses.
  5. J’entreprends d’observer le précepte de m’abstenir de consommation abusive d’intoxicants et de drogues.

 

 

 

Méditation

S’il y a du temps suffisant pour la méditation, alors certaines personnes s’engagent directement dans la voie de la pratique de la forme de méditation qu’elles ont choisie telle que la méditation Vipassanâ, tandis que d’autres commenceraient par pratiquer la méditation Metta en premier. Alternativement, beaucoup de personnes préfèrent pratiquer la méditation Metta après la session principale car l’esprit est ensuite plus calme et bien concentré. A nouveau, ce sont des choix individuels, et gardez à l’esprit le fait que même une session courte de méditation peut être très bénéfique.

Ce sera bien cependant de se consacrer occasionnellement à des sessions de méditation Metta. L’objectif est de cultiver des qualités d’amour bienveillant et de compassion, et de rayonner de Metta non seulement sur les personnes qui sont proches de vous, mais aussi sur tous les êtres sensibles venus à l’existence, qu’ils soient petits, de taille moyenne ou grande, visibles ou invisibles, proches ou lointains, etc.

 

Le partage des mérites

La méditation est une action saine, et elle sème du Kamma positif. Une manière excellente de conclure une méditation serait de partager ce Kamma positif avec autrui, aussi connue comme la pratique de partage des mérites.

Juste partagez avec tous les êtres, sur le plan du mental, le bon Kamma que vous avez accumulé. Faites-le aussi avec toute personne de votre famille qui a quitté ce monde. Cela permet au méditant de cultiver la générosité, et cela permet aussi à tous les êtres sensibles de partager le bonheur généré par vos actions positives.

En fait, partager les mérites peut être fait après toutes sortes de bonnes actions. Par exemple, après que vous ayez effectué un service de bénévolat pour aider les plus démunis, après avoir fait une donation pour aider les vieilles personnes, les pauvres et les malades, ou même après avoir parlé du Dhamma avec toute personne que cela intéresse.

Chacun connait des hauts et des bas dans la vie. En période de stress et de difficultés, on devrait mettre plus l’accent sur la pratique de la méditation Metta et le partage des mérites. Si cela est nécessaire, après ces pratiques, vous pouvez requérir mentalement l’aide de tout être qui serait à même de vous assister en période d’épreuves que vous pourriez traverser. Dépendant aussi de votre Kamma passé, il serait possible que les choses commencent bientôt à changer pour le meilleur. Si c’est le cas, n’oubliez pas d’avoir de la gratitude et d’adresser des remerciements.

 

L’attention

Quelque chose qui est souvent oublié mais pourtant extrêmement précieux est la pratique constante de l’attention, ou « Sati ». C’est en relation avec la pratique de Vipassanâ ou la méditation introspective qui augmente progressivement la présence d’esprit à soi-même et la capacité de voir les choses telles qu’elles sont réellement. Cette pratique s’est montrée très bénéfique pour avoir une bonne santé, en permettant aux individus de mieux gérer et contrôler les situations de stress.

Sati peut être pratiquée non seulement pendant la méditation, mais aussi comme chacun le peut jour et nuit. Soyez juste conscient, quand vous vous souvenez de la pratique, de votre posture et mouvements du corps, que vous marchiez, que vous soyez debout, assis et même couché. Même de simplement être conscient, à n’importe quel moment, que vous respirez est un grand pas franchi.

Soyez conscient de vos sensations physiques (à travers les cinq sens), de vos pensées, sensations et émotions. Observez tous ces phénomènes, et notez-les sans porter de jugements, qu’ils soient positifs, négatifs ou même neutres.

C’est simplement un « pas en arrière » ou l’observation en pleine conscience de ce qui se passe. Par exemple, quand le téléphone sonne, soyez conscient du fait que vous entendez le son, de votre intention de répondre, du mouvement physique qui consiste à s’approcher du téléphone, etc. Vous pouvez aussi essayer de prendre pleinement conscience du fait que vous marchez d’une pièce à l’autre dans votre maison !

Un exemple supplémentaire intéressant, c’est quand vous sentez la colère monter en vous-même. Faites simplement un pas en arrière et observez-la. Détournez votre attention de la personne ou de la situation contre laquelle vous êtes en colère et reconnaissez juste la colère en tant que « colère ». Contemplez la source de cette colère à l’intérieur de vous-même, pourquoi et contre quoi vous êtes en colère, et essayez même de « mesurer » l’intensité de votre colère.

Cela ne sera pas facile mais éventuellement vous serez capable d’observer comment la colère se manifeste et comment elle disparaît. Avec le temps vous pourrez facilement rester calme et attentif face à toutes sortes de frustrations et de difficultés.

L’accent est mis sur la présence d’esprit à soi-même dans le « moment présent ». Le passé, même celui d’il y a une minute, est mort et s’en est allé. Le futur n’est pas encore apparu, et ne sera peut-être pas du tout ce que l’on espère. L’idée n’est pas de vivre dans le passé, ou de rêver du futur. Observez et vivez chaque moment présent comme il se présente. Vous vivrez alors de façon véridique et vous serez capable de voir la vie telle qu’elle est réellement.

 

Apprenez et partagez le Dhamma

Si vous en avez le temps, essayez d’apprendre au moins un peu le Dhamma chaque jour. Et comme toutes les bonnes choses, partagez le aussi avec toute personne intéressée.

Le Bouddha a dit que la seule voie pour remercier nos parents qui nous ont accueillis dans ce monde et qui ont pris soin de nous depuis la naissance, c’est de leur enseigner et inculquer le Dhamma.

Pour ceux qui ont des enfants, une des plus belles choses à faire pour eux c’est de partager avec eux votre connaissance du Dhamma, et de leur donner de bons fondements des enseignements.

Quand vous partagez le Dhamma, c’est un don pour cette vie aussi bien que pour de nombreuses autres vies à venir.

 

Soyez aimable

Finalement, soyez toujours ouvert d’esprit, patient et humble. Traitez chacun avec respect, et chaque chose avec gentillesse.

Le Dalaï Lama a déclaré :

« Ma religion est simple. Ma religion est la gentillesse. »

Avec la pratique de Dâna, Sîla et Bhâvanâ, le Bouddha nous a donnés des directives pour atteindre la paix et le bonheur dans cette vie, une renaissance favorable dans la vie suivante, et à terme la joie et la liberté de Nibbâna.

Ces directives sont tout à fait faciles à suivre et ne sont pas très difficiles à observer dans la pratique quotidienne. Chacun d’entre nous fait des erreurs, alors si vous tombez une fois de temps en temps, ne vous inquiétez pas trop à ce sujet, juste réessayez. Essayez d’arpenter le sentier du Bouddha pour vous-même !

 

Pratique de méditation de base

Un guide pratique pour les débutants et les instructeurs

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